Le Père J. Suaudeau affirme que le risque est de l’ordre de 15 à 16%

Rome: Le préservatif n’assure pas une protection absolue contre le sida

Rome, 19 septembre 1997 (APIC Le préservatif assure certes une protection contre la contamination du sida. Cette protection est cependant loin d’être absolue, écrit le Père Jacques Suaudeau, l’un des responsables du Conseil Pontifical pour la Famille, dans une longue étude purement médicale, intitulée «Le sexe sûr et le préservatif face au dééfi du sida» publiée en français, dans la revue italienne «Medicina et Morale». Le risque, avance-t-il, est de l’ordre de 15 à 16%.

«Les études épidémiologiques montrent que le préservatif assure, certes, une protection contre la contamination par le virus, mais que cette protection est loin d’être absolue. Le risque de contracter l’infection à VIH tout en utilisant un préservatif lors de rapports sexuels à risque atteint en moyenne 15 à 16 % dans les diverses statistiques», affirme en effet le Père Suaudeau.

Ce dernier est lui même ancien chirurgien, un métier qui l’a exercé en France avant de se consacrer à une dizaine d’années de recherche médicale aux Etats-Unis. Il est ensuite devenu prêtre. L’article qu’il publie recense 88 références d’études scientifiques les plus récentes sur la question, dont la majorité sont américaines. L’étude s’en tient à un strict point de vue médical. Elle a été très largement relayée par la presse italienne le 18 septembre.

L’étude commence par une réflexion sur la notion de»sexe sûr» : «Une telle méthode de prévention du sida, écrit-on, suppose cependant une confiance très forte dans l’efficacité de la barrière du préservatif. (…) Du coup, le préservatif est devenu dans les esprits comme dans les discours des associations de lutte contre le sida, et des hommes politiques une sorte d’arme absolue, dont la contestation prendrait un caractère quasi-blasphématoire. (…) Paradoxalement ce sont des voix médicales qui ont contesté la prétendue nécessité du préservatif. On a rappelé avec justesse que le dit dispositif était loin d’avoir la fiabilité qu’on voulait bien lui accorder».

Jacques Suaudeau rappelle que «le taux d’échec du préservatif dans la prévention de la grossesse est de l’ordre de 5 à 30 % avec une moyenne de 15%».

Dix études

Il note par ailleurs que la médecine a établi avec certitude (10 études citées et expliquées) que le préservatif n’est pas non plus totalement efficace dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST) : «On peut donc dire, écrit-il, que l’usage du préservatif réduit la transmission des MST dues à des bactéries (gonococcus : 800nm de diamètre), par un facteur allant de 2 à 10, mais que son effet sur les MST dues à des mycoplasmes ou à des virus paraît faible ou nul».

Plusieurs explications sont avancées par la médecine pour rendre compte de ces failles. La première concerne des problèmes liés «à des défaillances techniques (porosité, fuites, ruptures, dégradation du latex)». Après avoir référencé 21 études sur le sujet, l’auteur arrive à cette conclusion : «En se basant sur ces faits, les chercheurs ont recommandé aux personnes manipulant des éléments infectés par le VIH de porter deux paires de gants superposés. Une même recommandation a été faite en ce qui concerne les préservatifs. Donc la présence de défauts dans le latex, due à la structure en particule de ce matériel est bien établie, tant par le passage de microsphères de la taille du VIH que par la constatation, en microscopie électronique, de véritables failles».

«On dit que, puisque le VIH est associé aux spermatozoïdes et puisque les spermatozoïdes ne passent pas au travers de ces pores du latex, trop petits, le VIH lui non plus ne peut pas passer. Ces pores même s’ils existent, n’auraient donc pas une telle importance. Mais ceci est trompeur. En fait le VIH est présent dans le sperme sous la double forme de l’association à des cellules ( spermatozoïdes et leucocytes) et du virus libre. Anderson souligne qu’il y a une grande chance pour que des virus VIH 1 sous forme libre, présents dans le sperme, puissent passer dans l’organisme du partenaire».

Mise en cause des conditions de stockage

Après avoir évoqué les problèmes de conservation des préservatifs qui, soumis à la chaleur, perdent leur qualité s’ils ne sont pas entreposés dans des endroits frais (8 études citées pour cette seconde cause de défaillance) – ce qui met en cause les «conditions de transport et de stockages mal respectés dans les pays occidentaux, sans parler des pays africains et tropicaux, l’étude aborde une troisième cause de défaillance.

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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