Pékin et le Vatican campent sur leurs positions

Rome: Le président chinois ne rencontrera pas le pape durant sa visite en Italie.

Rome, 19 mars 1999 (APIC) Aucune rencontre n’est prévue entre le pape et le président chinois Jiang Zemin durant sa visite à Rome, ni même entre des représentants du Saint-Siège et ceux de la délégation chinoise. La confirmation en a été donnée jeudi 18 mars par le porte-parole du Saint-Siège, suite à des bruits apparus dans la presse italienne évoquant une possible médiation de l’Italie entre le Vatican et la Chine au cours de cette visite, du 20 au 25 mars.

Interrogé par le quotidien italien «Il Corriere della Sera», le président Jiang Zemin a rappelé les deux conditions avancées par la Chine pour l’amélioration de ses relations avec le Saint-Siège. Elle demande que celui-ci «rompe les relations avec Taïwan, en reconnaissant la Chine populaire comme unique gouvernement légitime», et rappelle que «l’on ne peut pas interférer dans les affaires internes de la Chine en prenant le prétexte de la religion».

A propos des relations avec Taïwan, il n’est pas question, du coté du Saint-Siège d’envisager qu’elles puissent être rompues. Mais le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat, a rappelé récemment que la nonciature apostolique en Chine avait été établie à Taipei en 1952 après avoir été chassé de Chine continentale et qu’elle pourrait être rapatriée à Pékin. Le vrai problème est en fait le pouvoir de juridiction du pape sur les catholiques chinois en particulier pour la nomination des évêques. Le Saint-Siège met comme condition à l’établissement de relations diplomatiques l’assurance d’une liberté religieuse effective dans le pays, et la possibilité pour lui d’avoir une pleine liberté de contacts avec les communautés catholiques chinoises.

Du côté de l’ambassade de Taïwan près le Saint-Siège, on se dit confiant en ce qui concerne le Vatican, soulignant que diplomatiquement, il serait éventuellement possible d’envisager que le Saint-Siège ait des relations à la fois avec Pékin et Taipei. Ce serait même un signe positif, ajoute-on, dans la mesure où cela signifierait une ouverture du pays sur l’extérieur, et l’instauration d’une véritable liberté religieuse dans le pays. (apic/imed/mp)

19 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
Partagez!