Rome: Le président de l’Académie pontificale pour la vie met en garde

«L’euthanasie par omission» est aussi une euthanasie

Rome, 23 janvier 2007 (Apic) Dans un long article publié le 23 janvier par le quotidien italien Corriere della Sera, le président de l’Académie pontificale pour la vie a réagi aux propos sur l’euthanasie tenus par le cardinal Carlo Maria Martini dans les colonnes du quotidien Il Sole 24 Ore. Il met en garde contre ce qu’il appelle l’euthanasie par omission.

Mgr Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie, a mis en garde contre «l’euthanasie par omission», critiquant la loi française citée en exemple par l’archevêque émérite de Milan le cardinal Carlo Maria Martini dans les colonnes du quotidien Il Sole 24 Ore, le 21 janvier.

Si l’euthanasie était uniquement «le résultat d’un geste qui cause positivement la mort, cela signifierait que tout ce qui vise à causer la mort par soustraction d’une intervention ne serait pas de l’euthanasie. Comme par exemple, la privation de nourriture ou une réanimation intentionnellement omise «, a expliqué Mgr Sgreccia. Ainsi, «le refus intentionnel des thérapies valides ne constituerait pas un problème moral», a souligné Mgr Sgreccia.

Se lançant ainsi dans une controverse avec le cardinal Martini, il a espéré que les propos tenus par ce dernier dans la presse le 21 janvier ne «correspondaient pas à la pensée du cardinal». Etant donné que cela «ne correspond certainement pas aux textes du magistère et de la doctrine catholique».

La notion d’»espérance raisonnable d’une issue positive»

Revenant sur la question de «l’acharnement thérapeutique» et de la «proportionnalité-disproportionnalité» des soins, Mgr Sgreccia a expliqué que «les deux notions étaient liées», parce que par acharnement thérapeutique on entend l»’usage de thérapies ou de procédures médicales de caractère disproportionné». «Ces thérapie ne présentent pas l’espérance raisonnable d’une issue positive et, de ce fait, non seulement on peut, mais on doit y renoncer». En revanche, il n’en va pas de même, selon lui, pour «l’insistance thérapeutique, quand il existe une espérance raisonnable». Pour lui, ce jugement «requiert une évaluation qui doit être faite par le médecin». Dans ce contexte, il faut certainement «écouter l’avis du patient et tenir compte de sa volonté».

Ainsi «quand il s’agit de thérapies proportionnelles (du point de vue médical) et ordinaires (du point de vue du patient), il y a l’obligation morale de les offrir et de les accepter (à part la possibilité juridique de les refuser)», a souligné Mgr Sgreccia. En revanche en ce qui concerne «les thérapies disproportionnées, (ordinaires ou extraordinaires), subsiste le devoir éthique de les refuser».

En outre, «en ce qui concerne les thérapies médicalement proportionnelles, mais qui semblent extraordinaires pour le patient, il ne sera pas moralement obligé de s’y soumettre, mais il pourra licitement le faire s’il le décide». Dans ce cas, «l’offre et l’acceptation dépendent du choix mûri du patient», a expliqué le président de l’Académie pontificale pour la vie.

Le médecin jugerait si le «refus des thérapies» par le patient est justifié.

«Quand on parle du ’refus des thérapies’ par le patient, le médecin, tout en ayant le devoir de l’écouter, ne peut être un simple exécuteur de son vouloir», a-t-il cependant précisé. «S’il reconnaît la consistance des motifs du refus, il devra respecter la volonté du patient», mais si au contraire, «le refus lui apparaît comme non justifié, il est tenu de proposer sa position en conscience et si cela convient, de proposer le recours à l’autorité compétente et éventuellement de renvoyer le patient qui lui a été confié».

Ainsi, pour Mgr Sgreccia, «l’automatisme instauré par la loi française» de 2005, citée en exemple par le cardinal Martini, selon laquelle «le refus des soins de la part du patient doit être écouté et suivi par le médecin (après avoir expliqué au patient les effets du refus)» peut donc être considéré comme une «euthanasie par omission, tant de la part du patient que de la part du médecin».

Pour le président de l’Académie pontificale pour la vie, l’urgence actuelle réside dans l’»assistance thérapeutique, palliative et humaine» et dans la «formation éthique et déontologique du personnel» médical.

Le cardinal Carlo Maria Martini avait appelé l’Eglise à «plus d’attention pastorale» face à la question de l’euthanasie et de la fin de la vie, le 21 janvier. Il était interrogé sur le cas de l’Italien Piergiorgio Welby, atteint d’une dystrophie musculaire et décédé le 20 décembre, après qu’à sa demande, son respirateur artificiel ait été débranché. Le cardinal Martini avait alors donné en exemple la loi française sur les droits du malade et la fin de la vie votée en 2005. (apic/imedia/ar/vb)

23 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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