Dégel dans les relations entre le Vatican et les communistes

Rome: Le président du Conseil italien reçu au Vatican

C’est la 5ème fois que Jean Paul II reçoit au Vatican un président du Conseil italien pour une telle visite. Cette rencontre a cependant revêtu un caractère exceptionnel pour les Italiens: Massimo d’Alema est en effet le premier président du Conseil post-communiste à être reçu au Vatican en tant que chef de gouvernement. Beaucoup considèrent que cette audience marque un dégel dans les relations entre les communistes italiens et l’Eglise catholique. Un dégel rendu possible en Italie pour une raison essentielle: il n’existe plus en Italie de pouvoir démocrate-chrétien ayant le monopole des voix des catholiques du pays.

Côté Vatican, il s’agissait en réalité d’une formalité après l’arrivée de Massimo d’Alema à la présidence du Conseil italien en octobre dernier. La presse italienne a pourtant qualifié cette visite d’»historique» – référence aux traditionnelles luttes entre la DC et le Parti communiste, immortalisées à l’écran par les fameux Don Camillo et Pepone -.

La TV d’Etat italienne RAI UNO a transmis l’événement en direct. A la différence d’autres chefs de gouvernement, le président du Conseil italien a été reçu avec tous les honneurs protocolaires habituellement réservés aux chefs d’Etat. Sans doute en raison de la position particulière qu’occupe le pape en Italie, à savoir: évêque de Rome et en même tempe primat de toute l’Italie. Dans le passé tout au moins, Massimo D’Alema s’est toujours déclaré non croyant. Il a par contre plusieurs fois salué l’engagement de pape pour la paix et les droits de l’homme.

Au cours des moments publics de l’entrevue entre Massimo d’Alema et Jean Paul II, on a pu entendre que le président du Conseil évoquer avec le pape la richesse du patrimoine d’art sacré présent en Italie. Massimo d’Alema a souligné à ce sujet la «grande responsabilité» de l’Etat italien qui est de «conserver et de faire fructifier ce patrimoine», notamment en vue du Jubilé de l’an 2000.

La préparation du Jubilé – le Jubilé devrait amener à Rome quelque 25 millions de pèlerins – a également été abordée lors d’un entretien d’une heure avec le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican. Parmi les autres thèmes à l’ordre du jour se trouvaient la question d’une aide de l’Etat aux familles voulant inscrire leurs enfants dans les écoles privées, et celle d’un soutien aux jeunes en vue de leur insertion dans le monde du travail.

Enfin les grands thèmes de l’actualité internationale ont également été évoqués, en particulier la convergence des efforts du Saint-Siège et de l’Italie pour la paix dans les régions les plus éprouvées par les conflits, en Afrique, au Moyen-Orient et dans les Balkans.

Concernant la parité scolaire, l’Eglise italienne demande que les familles reçoivent l’aide nécessaire leur permettant d’inscrire leurs enfants dans des écoles privées. Le Parlement italien étudie actuellement les solutions pouvant être envisagées, alors que l’article 33 de la Constitution italienne précise que l’Etat n’a pas à financer ces écoles.

Lors de l’entretien avec Mgr Sodano, il a également été question de la commission mixte prévue par le Vatican et l’Italie en vue d’étudier les aspects du concordat italien avec le Saint-Siège de 1984, concernant les problèmes fiscaux et judiciaires liés aux biens ecclésiatiques. Une question devenue d’actualité depuis les perquisitions effectuées ces mois derniers à l’évêché de Naples auprès du cardinal Michel Giordano, archevêque de Naples. (apic/imed/pr)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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