Le pape XVI invité à se rendre en Slovaquie

Rome: Le président slovaque reçu par le pape Benoît XVI

Rome, 19 juin 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu en audience le président de la République slovaque, Ivan Gasparovic, dans la matinée du 17 juin 2005. Au cours de cette rencontre, le président a invité le pape à se rendre dans son pays. Il s’agissait d’une visite officielle, et non d’une visite d’Etat. Les deux chefs d’Etat qui n’ont donc pas échangé de discours officiels, se sont longuement entretenus en privé.

Ivan Gasparovic est arrivé un peu après 11h dans les appartements pontificaux du palais apostolique. Après s’être salués cordialement, les deux hommes, accompagnés de deux interprètes, se sont entretenus en privé pendant près de trente minutes. Au cours d’une conférence de presse donnée après sa rencontre avec le pape, le président slovaque, a indiqué qu’au cours de leur entretien, il avait invité le pape à se rendre dans son pays. Le pape a alors rappelé l’importance des trois voyages de Jean Paul II en Slovaquie (2003, 1995 et 1990). Aucune date n’a pourtant été fixée à un futur voyage.

Le président a aussi confié qu’il avait parlé de l’éducation des jeunes et des racines chrétiennes de son pays, entré en mai 2004 dans l’Union européenne. Enfin, Benoît XVI et Ivan Gasparovic se sont entretenus des relations entre catholiques et orthodoxes et du dialogue oecuménique.

Puis, un peu après 11h30, Benoît XVI a reçu dans la bibliothèque du palais apostolique l’ensemble de la délégation slovaque qui accompagnait le président. Debout au centre de la pièce, le pape a salué tour à tour la quinzaine de personnes dans différentes langues, leur remettant des chapelets bénis. La femme du président, vêtue de noir, était la dernière à aller saluer le pape, avant les journalistes slovaques et vaticanistes à qui il a adressé quelques paroles ou qu’il a bénis.

Echange de cadeaux

Ivan Gasparovic a pour sa part remis au pontife une icône en bois en forme de tronc d’arbre, représentant une croix formée par des personnages ombragés. Après avoir été raccompagné à la sortie par le pape, le président slovaque est allé rencontrer le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano. Les deux hommes se sont entretenus de la situation économique du pays et son rôle dans les institutions européennes.

Ivan Gasparovic est né en mars 1941, est marié et père de deux enfants. Il est à la tête de la République de Slovaquie depuis le 15 juin 2004. Il a été co-auteur de la Constitution slovaque en 1992 et a fondé en 2002 le parti HZD (Mouvement pour la démocratie).

Questions concordataires: quelques oppositions

Le président a indiqué à la presse qu’au cours de sa visite au Vatican, il n’avait pas abordé les questions concordataires. En juillet 2004, le Saint-Siège et la République slovaque ont procédé à l’échange des instruments de ratification d’un accord sur l’éducation catholique. Il s’agit du troisième accord entre le Saint-Siège et la République slovaque, après l’Accord général signé en 2000 et un accord sur «l’assistance religieuse aux fidèles catholiques dans les forces armées», paraphé le 21 août 2002.

Pourtant en 2004 des députés slovaques ont exprimé leur désir de voir complété et modifié l’Accord fondamental signé en 2000. Ce complément porte sur l’objection de conscience. «Chacun peut refuser d’agir d’une façon que sa conscience juge contraire à l’enseignement de la foi et de la morale», précise le projet slovaque. Cet ajout pourrait concerner «l’accomplissement du service militaire, les activités de santé, en particulier en ce qui concerne l’avortement, la procréation artificielle ou assistée, l’expérimentation avec des organes humains et avec le prélèvement d’organe, des embryons humains et des cellules sexuelles, l’euthanasie, le clonage, la stérilisation et la contraception, l’activité éducative [en ce qu’elle remet en cause la foi catholique], la prise de décision judiciaire et la prestation de services légaux». Le président a précisé aux journalistes que cette «question radicale» n’avait pas encore été abordée par son gouvernement et qu’elle soulevait nombre d’oppositions.

La République slovaque est née en 1993 de la scission de la Tchécoslovaquie, créée au lendemain de la Première guerre mondiale. Le 14 février 2004, Jean Paul II en recevant le président slovaque, Rudolf Schuster, et une délégation de 2000 Slovaques venus le remercier de son voyage dans leur pays en septembre 2003, avait appelé à «redécouvrir les racines chrétiennes de l’identité européenne du peuple slovaque».

L’Eglise catholique de Slovaquie compte 69 % de la population – dont 4 % sont grecs-catholiques, habitant à l’est du pays -, environ 9 % de protestants, d’origine hongroise, et une minorité d’orthodoxes originaires d’Ukraine et de Ruthénie. Les Slovaques se déclarant appartenir à une confession religieuse sont passés de 72 % en 1991, au lendemain de la chute du régime communiste, à 84 % en 2002. (apic/imedia/ar/hy/pr)

19 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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