Le pape appelle les pays riches à aider l’Afrique

Rome: Le prochain sommet du G8 doit se pencher sur la pauvreté dans le monde

Rome, 23 avril 2007 (Apic) Benoît XVI a écrit, en décembre dernier, à la chancelière allemande pour lui demander que le sommet du G8, organisé dans son pays en juin 2007, se penche sur la pauvreté dans le monde, plus particulièrement en Afrique. Dans une lettre de réponse écrite deux mois plus tard, Angela Merkel a assuré le pape qu’elle souhaitait effectivement accomplir des progrès dans la lutte contre la pauvreté. Les deux lettres ont été publiées par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 23 avril.

L’Allemagne assume actuellement la présidence de l’Union européenne et du groupe du G8 qui se réunira en juin prochain, dans la ville allemande de Heiligendamm, au bord de la mer Baltique, à 50 km de Rostock.

Dans sa lettre, le pape a rappelé à Angela Merkel l’engagement des participants au dernier sommet du G8 de Saint-Pétersbourg, en juillet 2006, de travailler sur la pauvreté dans le monde, lors du prochain sommet prévu en juin en Allemagne. «Je suis heureux que le thème de la ’pauvreté’ soit désormais à l’ordre du jour des pays du G8 avec une référence explicite à l’Afrique», a écrit le pape. Benoît XVI a estimé que ce thème méritait la plus grande attention et la plus grande priorité pour les pays pauvres, tout comme pour ceux qui sont riches, affirmant que l’objectif d’éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2015 était «l’une des tâches les plus importantes de notre époque».

Benoît XVI a aussi rappelé la préoccupation du Saint-Siège face à l’incapacité des pays riches à offrir des conditions financières et commerciales appropriées aux pays les plus pauvres, en particulier à ceux d’Afrique, qui rendraient possible la promotion de leur développement durable. Le pape a également noté que les pays les plus pauvres étaient «responsables de la bonne gouvernance et de l’élimination de la pauvreté», avec «la collaboration de leurs partenaires internationaux».

L’aide des plus riches, a indiqué Benoît XVI, ne doit pas être retardée à cause d’intérêts nationaux urgents, mais il s’agit au contraire d’un sérieux devoir moral (.) fondé sur l’appartenance commune à la famille humaine. Aux yeux du pape, les pays les plus riches doivent favoriser des conditions favorables commerciales pour les plus pauvres, prendre des mesures pour un effacement rapide et complet, sans conditions, de la dette extérieure de ces pays, et faire en sorte que ceux-ci «ne tombent pas de nouveau dans une situation de dette insoutenable».

Lutter contre la pauvreté par des investissements

Pour le pape, il convient aussi que les pays industrialisés investissent largement dans la recherche et le développement de médicaments pour le traitement du Sida, de la tuberculose, de la malaria et d’autres maladies tropicales. La communauté internationale, a aussi demandé Benoît XVI, doit continuer à s’employer à réduire de façon significative le commerce d’armes, qu’elles soient égales ou illégales, le trafic illégal des matières premières précieuses et la fuite de capitaux depuis les pays pauvres. Elle doit aussi s’engager tant dans l’élimination des pratiques de blanchiment d’argent sale que contre la corruption des fonctionnaires des pays pauvres.

Dans sa réponse, la chancelière allemande a remercié le pape de son appui, affirmant qu’elle souhaitait accomplir des progrès dans la lutte contre la pauvreté, tout en détaillant les champs d’action du prochain sommet du G8. Elle a affirmé qu’elle considérait comme prioritaires les possibilités de développement et les défis du continent africain. Angela Merkel a écrit que le G8 s’était fixé comme objectif de «modifier les stratégies de lutte contre le virus du Sida afin qu’elles tiennent particulièrement compte de la situation des femmes et des jeunes filles».(apic/imedia/ami/js)

23 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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