Entre 100 et 150 millions d’enfants victimes d’un système injuste

Rome: Le Saint-Siège appelle les ONG à s’engager en faveur de l’enfance marginalisée

Rome, 27 octobre 2004 (Apic) Le Saint-Siège appelle les institutions, associations et ONG (Organisations non gouvernementales) à s’engager en faveur de l’enfance marginalisée.

Au cours de la première Rencontre internationale pour la pastorale des enfants de la rue, tenue au Vatican les 25 et 26 octobre 2004 le Saint- Siège a réaffirmé la nécessité de promouvoir une attitude humaine et chrétienne envers les enfants de la rue et dans la rue. Cette rencontre était animée par le cardinal Stephen Fumio Hamao, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des itinérants. Le thème: «Les enfants de la rue à la lumière des enseignements récents de Jean Paul II».

«Nous ne pouvons ignorer que cette réalité est la conséquence première et évidente d’un système injuste qui est à la base de notre société, a déclaré le cardinal. «L’objectif le plus important, pour nous, est celui de donner de la visibilité et de favoriser les initiatives de toutes les forces institutionnelles et privées, associations et organisations non gouvernementales, et les opérations de base pour les volontaires et groupes engagés en faveur de l’enfance marginalisée».

Evoquant la rencontre en elle-même, le cardinal Hamao a insisté sur l’importance «d’examiner les questions et les besoins pastoraux de ceux qui vivent dans la rue, dans l’espoir de les comprendre encore plus profondément». Cette rencontre devait permettre d’analyser le «phénomène» des enfants des rues et de mettre en place des «opérations pastorales pour le futur», a-t-il expliqué.

Enfin, le cardinal japonais a rappelé aux participants que «tous ensemble, nous devons confronter notre expérience et notre pratique de l’apostolat, pour développer tout le travail à faire dans ce secteur et pour promouvoir une attitude humaine et chrétienne envers les enfants de la rue et dans la rue, mais aussi pour s’ouvrir au futur».

Convention des droits de l’enfant et lettres mortes

Interrogé le 26 octobre par I’Apic, Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des itinérants, a souligné le «succès» de cette rencontre qui a regroupé les représentants des conférences épiscopales des pays les plus touchés par le phénomène (Europe orientale, République démocratique du Congo, Brésil, Pérou, Bolivie, Mexique, Inde, Philippines).

«Je pense qu’il y aura d’autres rencontres» même s’»il faut de la patience pour que la réalité puisse être absorbée et pour que la conscience de l’Eglise et de l’épiscopat arrivent à maturation», a déclaré Mgr Marchetto, qui a ouvert la seconde et dernière journée de travail par une intervention sur «la pastorale d’accueil en faveur des enfants de la rue».

Dans cette intervention, l’archevêque italien a rappelé que «la convention des droits de l’enfant stipule que ceux-ci doivent être protégés de la cruauté et de la violence (art 19) et que l’opportunité doit leur être donnée pour occuper un poste dans la société (art 29d)». Or, aujourd’hui, «ils sont peut-être 100 millions selon le rapport d’Amnesty International, ou autour de 150 millions selon l’organisation internationale du travail, ces enfants qui vivent sur les trottoirs des villes de l’hémisphère sud», a-t-il rapporté.

Quant à la répartition géographique, Mgr Marchetto estime que les enfants de la rue seraient 45 millions en Amérique latine, 40 millions en Asie, 10 millions en Afrique. «Mais l’Europe connaît aussi ce phénomène, particulièrement l’Europe de l’Est, a-t-il précisé. Ils sont victimes de la désagrégation de la famille, d’une urbanisation forcenée, des migrations et des nombreuses guerres actuelles». (apic/imedia/ms/pr)

27 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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