« La pire instrumentalisation de l’être humain »

Rome : Le Saint-Siège condamne l’annonce du clonage de cinq embryons humains

Rome, 18 janvier 2008 (Apic) Par la voix de Mgr Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie, le Saint-Siège a condamné l’annonce du premier clonage d’embryon humain. Le haut prélat s’est exprimé sur les ondes de Radio Vatican, le 18 janvier. Le même jour, la revue Sterm Cell a publié les résultats d’un institut de recherche californien qui aurait réussi à cloner cinq embryons humains.

Mgr Sgreccia a qualifié cette expérience de «pire instrumentalisation de l’être humain, qui devient ainsi un objet de recherche». Condamnant ces pratiques «qui jusqu’à présent n’ont eu aucun succès», le haut prélat a rappelé que «quoiqu’il en soit, il est illicite d’utiliser l’être humain comme un médicament».

Le président de l’Académie pontificale pour la vie a ensuite estimé que ce clonage humain était un acte «anti-historique» et «un produit du passé». En effet, une autre technique, découverte récemment, consiste à prélever une cellule de l’embryon humain sans le détruire, à partir de laquelle on peut, en principe, cultiver d’autres cellules embryonnaires.

Des chercheurs de la société américaine Stemagen ont annoncé, dans une étude publiée dans la revue Stem Cell, avoir obtenu cinq embryons humains en utilisant des cellules de la peau de deux hommes adultes. Après vérifications, ils n’ont réussi à confirmer avec une totale certitude que ces embryons étaient bien des clones des deux hommes que dans trois des cinq cas. Les embryons ont été détruits au cours de ce processus de vérification.

Utilisation à des fins thérapeutiques

La technique employée par Stemagen est celle du clonage par transfert nucléaire de cellule somatique qui consiste à insérer dans un ovocyte énucléé le noyau d’une cellule adulte puis de conduire l’oeuf ainsi créé à maturation. Cette technique a été utilisée avec succès chez des animaux et a même donné naissance à des clones viables : la brebis Dolly, clonée en 1996, et le chien Snuppy, en 2005. Chez l’homme, l’objectif n’est pas d’obtenir un organisme viable mais un embryon dont les cellules souches pourraient être utilisées à des fins thérapeutiques.

La communauté scientifique doit maintenant se pencher sur cette étude. En effet, depuis la fausse annonce, en 2004, du Coréen Hwang Woo-suk qui avait affirmé à tort être parvenu à la création de cellules souches à partir d’embryons clonés, les scientifiques redoublent de précautions. (apic/imedia/hy/bb)

18 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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