Dans les écoles publiques et privées

Rome: Le Saint-Siège demande de la réintégration de l’enseignement de la religion

Rome, 19 novembre 2002 (APIC) Le Saint-Siège demande l’intégration d’un enseignement de la religion dans les écoles, qu’elles soient catholiques ou non. Il a lancé cet appel dans un document publié le 19 novembre et intitulé «Les personnes consacrées et leur mission dans l’école». Les religieuses et religieux sont appelés à faire face aux défis actuels, quitte à réviser les programmes d’enseignement.

En une quarantaine de pages, la Congrégation pour l’éducation catholique s’adresse principalement aux personnes consacrées qui sont engagées dans l’enseignement religieux au sein des écoles. L’objectif, rappelle le bureau du Vatican chargé de l’enseignement catholique dans le monde, est de faire face à la «désaffection» toujours plus diffuse vis-à-vis de l’enseignement religieux.

C’est pourquoi les auteurs exhortent tous les éducateurs et, «avec davantage de responsabilités», les personnes consacrées, «à mettre en lumière la valeur de l’enseignement de la religion». Une dimension qui doit être «intégrée dans l’horaire de l’institution et dans le programme culturel», précisent-ils, quelque soit la religion dominante dans l’école. A travers cette éducation religieuse, ajoutent-ils, il s’agit de former des personnalités capables de gérer les très forts conditionnements présents dans notre société».

La Congrégation pour l’éducation catholique présente alors les principaux défis à affronter dans ce domaine. Elle cite en particulier la défense des droits des enfants. Qualifiant l’exploitation des enfants comme «un des traits les plus inquiétants de notre époque», le document appelle les personnes consacrées engagées dans l’éducation «au devoir de travailler à la défense et à la promotion de ces droits».

Un autre défi majeur est celui de la mondialisation. Celle-ci présente le risque, pour les écoles, qu’elles soient «instrumentalisées par les exigences économiques (.), par des préjugés idéologiques et des calculs politiques», explique le document. Ce dernier insiste sur l’importance d’un «apprentissage des relations positives» entre les membres d’une école ou encore d’une collaboration avec d’autres institutions éducatives notamment dans le secteur de la communication. «Cette coordination aide les jeunes à ne pas être de simples consommateurs passifs pour devenir des interlocuteurs critiques, capables d’influer positivement sur l’opinion publique».

La religion, instrument de paix

Cette éducation à la religion à pour objectif une éducation «efficace à la paix», précise enfin la Congrégation vaticane. «Il s’agit de proposer aux élèves une éducation aux valeurs et aux attitudes qui doivent leur permettre de régler les conflits de manière pacifique et dans le respect de la dignité humaine». Pour cela, les personnes consacrées sont invitées «à encourager, si nécessaire, la révision des programmes d’enseignement, y compris des manuels».

Reconnaissant enfin que la mission des personnes consacrées dans les écoles est souvent «difficile et éprouvante», la Congrégation pour l’éducation catholique souligne toutefois l’importance du «courage du témoignage et de la patience du dialogue». «C’est un devoir face à des tendances culturelles qui menacent la dignité de la vie humaine», conclue-t-elle, précisant la nécessité, pour effectuer cette mission, d’une «chasteté du coeur et du corps» pour se donner «sans réserve» à l’éducation des jeunes. BB

Encadré:

Présentation du document sur les religieux et l’école

A l’occasion de la présentation du document sur «Les personnes consacrées et leur mission dans l’école», Mgr Giuseppe Pittau, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, a souligné que la crise des vocations «ne doit pas conduire à la fermeture des écoles catholiques». «Plutôt que de réduire le nombre d’écoles catholiques pour y accroître le nombre de religieux enseignants, a-t-il expliqué, il vaut mieux que les laïcs prennent conscience de la nécessité d’un plus grand engagement apostolique».

Pour le prélat, la crise que vit l’Eglise ­ occidentale principalement – dans ce domaine doit être saisie comme une opportunité. Aux Etats-Unis, en 1970, près de la moitié des enseignants dans les écoles catholiques étaient des personnes consacrées ou des prêtres. En 2000, on en comptait plus que 7,5%. Cet exemple est «typique de la situation des pays occidentaux», a précisé Mgr Pittau.

Interrogé pour sa part sur le document en préparation à la Congrégation pour l’éducation concernant le cas des séminaristes homosexuels, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de ce bureau également chargé de tous les séminaires à travers le monde, a précisé que la consultation à ce sujet «en est à sa fin». «On ne sait pas encore si ce document sera publié, ni sous quelle forme», a-t-il toutefois précisé, regrettant le «sensationnalisme de plus en plus diffus parmi les journalistes durant la préparation du document et qui risque de devenir un facteur polluant». (apic/imedia/bb)

19 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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