Ministre irakien des Affaires étrangères reçu par le pape
Rome: Le Saint-Siège insiste sur la liberté religieuse et le dialogue en Irak
Rome, 25 août 2005 (Apic) Le Saint-Siège a une nouvelle fois insisté jeudi 25 août sur la nécessité de liberté religieuse et le dialogue en Irak alors que le pape Benoît XVI recevait en audience le ministre irakien des Affaires étrangères.
Benoît XVI a reçu le ministre des Affaires étrangères de l’Irak, Hoshyar Zebari, dans son palais apostolique de Castel Gandolfo, dans la matinée du 25 août 2005. Le ministre irakien a ensuite rencontré le cardinal secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano.
Le pape a souligné à cette occasion l’importance du dialogue entre tous les groupes religieux et les différentes composantes de la société pour la reconstruction des institutions dans ce pays ainsi que celle de la liberté religieuse. Le vice porte-parole du Saint-Siège, le Père Ciro Benedettini, a précisé qu’au cours des entretiens, la situation actuelle en Irak a été passée en revue, avec une référence particulière au texte de la Constitution présenté à l’approbation de l’Assemblée nationale ainsi qu’au thème important de la liberté religieuse.
Il a relève que le Vatican a souligné que la reconstruction des institutions doit advenir dans un climat de dialogue qui implique tous les groupes religieux et les différentes composantes de la société. Le projet d’une nouvelle Constitution irakienne a été remis à l’Assemblée nationale lundi dernier 22 août. Si celle-ci devait remettre une première copie de la Constitution aux législateurs pour son adoption, la session parlementaire n’a finalement duré que quelques minutes après l’annonce du report du vote jusqu’au 25 août. En effet, certains points contestés restaient en suspend.
Si les Kurdes et les Chiites sont globalement satisfaits de ce document, il est en revanche sévèrement contesté par les leaders sunnites, malgré la pression des autorités américaines qui les invitent à faire des concessions. Les thèmes sur lesquels portent les contestations touchent à l’identité de l’Irak et renvoient essentiellement au système fédéral, à la distribution des pouvoirs et des ressources pétrolières, et à la suppression des termes dans la Constitution indiquant le sectarisme et l’extrémisme contre d’autres. Ces affrontements politiques se sont transformés parfois sur le terrain en violences identitaires.
Une minorité chrétienne qui cherche son salut à l’extérieur
Au niveau de la liberté religieuse, la minorité chrétienne de l’Irak – qui représente officiellement 3 % de la population, mais qui est touchée par l’émigration – est, pour sa part, satisfaite que le texte définisse l’islam seulement comme «l’une des sources principales de la Constitution», et que ses dispositions «ne doivent pas être contre les droits de l’homme».
C’est ce qu’a expliqué le patriarche chaldéen de Bagdad Emmanuel Delly, dans le quotidien italien Avvenire du 24 août 2005. Le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari avait été reçu par Jean Paul II et par le cardinal Sodano le 13 décembre 2004. Le Saint-Siège avait alors «déploré encore une fois la douloureuse plaie du terrorisme».
Hoshyar Zebari avait pour sa part assuré le souverain pontife que la liberté religieuse et les droits de l’Homme seraient inscrits dans la nouvelle Constitution du pays. Lors du déclenchement de la seconde guerre du Golfe en 2003, Jean Paul II avait tenté d’empêcher l’intervention anglo- américaine en Irak, qualifiée de «défaite de l’humanité».
Remerciant le pape et ses collaborateurs pour «l’aide» que le Saint- Siège «a toujours apportée à l’Irak», Hoshyar Zebari avait évoqué l’engagement de son propre gouvernement à promouvoir la liberté religieuse et, en particulier, la défense des communautés chrétiennes».
L’adieu à l’ambassadeur de Grande-Bretagne
Outre le ministre irakien des Affaires étrangères, Benoît XVI a reçu dans la matinée du 25 août 2005 l’ambassadeur de Grande-Bretagne Kathryn Frances Colvin, en visite de congé. Le nom de son successeur n’a pas encore été annoncé. Fin juillet dernier, le ministère des Affaires étrangères britannique avait utilisé des emplacements publicitaires de plusieurs quotidiens pour recruter une «personnalité de haut calibre» comme ambassadeur au Vatican.
Les conditions étaient que le candidat prouve «son habileté politique et stratégique, ses capacités diplomatiques et humaines et une bonne connaissance de l’art de gouverner», aussi bien qu’un «haut niveau» de français et d’italien. Le salaire a aussi été précisé.
Le pape a aussi reçu Ivan Guillermo Rincon Urdaneta, le nouvel ambassadeur du Venezuela, venu lui présenter ses lettres de créance. Il a enfin déjeuné avec Mgr Vincenzo Paglia, l’évêque de Terni et assistant ecclésiastique de Sant’Egidio, et Andrea Riccardi, le fondateur de la communauté. Celle-ci s’apprête à organiser à Lyon, du 11 au 13 septembre 2005, la 19e rencontre internationale pour la paix sur le thème «Le courage d’un humanisme de paix». (apic/imedia/ar/be)



