Rome: Le Saint-Siège nommera moins d’évêques clandestins en Chine

«’La Chine est en train de s’ouvrir»

Rome, 14 octobre 2005 (Apic) Il n’est plus nécessaire, dans certains cas, que Rome continue de nommer des évêques clandestins, affirme la Civiltà Cattolica, dans son édition du 15 octobre. Dans son article intitulé ’La Chine est en train de s’ouvrir’, le jésuite Hans Waldenfels montre également que les Eglises chinoises patriotique et clandestine avancent laborieusement vers l’unité.

Il faut que «Rome renonce à donner une succession à la ligne retenue non-officielle du point de vue gouvernemental» lorsque, «dans le cadre de l’Eglise locale officielle, on est arrivé, ou l’on est en train d’arriver, à un nouvel accord», affirme la revue des jésuites relue par la Secrétairerie d’Etat. Le père jésuite allemand Hans Waldenfels précise ainsi que, désormais, «avant d’être consacrés évêques de la communauté officielle, les candidats cherchent normalement à obtenir la nomination du Saint-Siège». Prenant le cas particulier d’un évêque récemment nommé par Pékin et reconnu par Rome, le père Waldenfels a estimé qu’il était prévisible qu’un successeur à l’évêque clandestin en place ne soit pas nommé par le Saint-Siège.

L’Eglise patriotique chinoise officielle célèbre depuis les années 1990 la messe «avec tous les rites que nous connaissons chez nous», si bien qu’il n’y a plus «aucune distinction avec la liturgie célébrée dans la clandestinité», commente Hans Waldenfels. Selon lui, alors que l’Eglise officielle donnait, il y a une vingtaine d’années, «une impression de fermeture, pour ne pas de dire de frayeur, (.) aujourd’hui, le nom du pape est toujours prononcé dans le canon, à haute voix». L’auteur allemand, qui s’est rendu de nombreuses fois en Chine, se réjouit ainsi de ce que «partout où l’on aille, l’on puisse voir le portrait du nouveau pape». Il affirme ainsi qu’on lui a «demandé plusieurs fois si le nouveau pape viendrait en Chine».

Par ailleurs, «il y a déjà des régions dans lesquelles, en pratique, on ne parle plus d’Eglise clandestine», ajoute l’auteur de l’article. Il souligne ainsi qu’»il y a des églises (clandestines, ndlr) auxquelles on peut accéder librement», relevant qu’»il se peut également dans certains cas que la ’cathédrale’ d’un ’évêque clandestin’ soit plus grande que celle de l’’évêque officiel’ parallèle».

Cependant, Hans Waldenfels explique que «le gouvernement chinois considère la nomination des évêques comme une question interne à la Chine», tandis que l’Eglise, «pour des motifs surtout théologiques», y voit une question religieuse interne». La Civiltà Cattolica relève également la question de la reconnaissance de Taiwan, qu’elle juge cependant «résolvable». Cet article de la Civiltà Cattolica paraît alors qu’aucune réponse de Pékin n’a été rendue publique. Le Saint-Siège avait en effet invité 4 évêques chinois des deux Eglises, officielle et clandestine, au Synode des évêques sur l’Eucharistie en cours à Rome. En matière religieuse, Pékin continue à souffler le chaud et le froid. En juin dernier, Joseph Xing Wenshi, prêtre chinois de l’Eglise officielle, avait été ordonné évêque auxiliaire de Shanghai, déclarant publiquement que le pape avait accepté sa nomination. (apic/imedia/gt/bb)

14 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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