Acte de réunification jeudi 17 mai à Moscou
Rome: Le Saint-Siège prend acte de la réunification interne de l’Eglise orthodoxe russe
Rome, 16 mai 2007 (Apic) Le Saint-Siège a pris acte de la réunification interne de l’Eglise orthodoxe russe. L’Eglise orthodoxe russe à l’étranger et le patriarcat de Moscou signeront le 17 mai, un acte de réunification mettant fin à plus de 80 ans de schisme.
«Nous respectons et prenons acte» de la décision du patriarcat de Moscou et de l’Eglise orthodoxe russe en exil de se réunir, a déclaré mercredi à I.Media Mgr Brian Farell, secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
«Nous considérons cette décision comme un acte qui s’intègre dans un processus plus large par lequel les changements survenus en Europe de l’est, avec la chute du communisme, affectent la façon dont les Eglises orthodoxes se restructurent», a commenté Mgr Farell. «Pour cela, nous respectons et nous prenons acte de cette décision».
Un acte de réunification sera signé par le métropolite Lavr, chef de l’Eglise orthodoxe russe à l’étranger, et Alexis II, patriarche de Moscou et de toutes les Russies, lors d’une cérémonie de réunification qui se tiendra le jour de l’Ascension, le 17 mai, dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, en présence du président Vladimir Poutine. Alexis II deviendra alors le chef de l’Eglise réunifiée.
«C’est un évènement historique (.) qui mettra fin à la séparation de notre communauté intervenue après le cauchemar de la Révolution, de la guerre civile», a estimé le métropolite Kirill, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou. «Je pense que cet évènement est très important, en particulier pour l’Eglise russe, qui est restée divisée pendant 80 ans», a pour sa part relevé le métropolite Lavr.
L’Eglise russe à l’étranger fut créée dans les années 1920 par le clergé ayant fui la Russie bolchevique en même temps que quelque 2,5 millions de personnes. En Russie, le clergé fut persécuté, ce qui incita le patriarche de Moscou de l’époque, Tikhon, à lancer, en 1918, un anathème à l’encontre du pouvoir bolchevique. Arrêté et assigné à résidence, le patriarche Tikhon mourut en 1925. Lorsqu’en 1927, son successeur Serguiï proclama la loyauté de l’Eglise orthodoxe au gouvernement soviétique et appela l’Eglise en exil à coopérer avec le nouveau pouvoir, le clergé en exil décida de rompre les relations avec le patriarcat de Moscou.
Patriarcat oecuménique de Constantinople mécontent
Les contacts n’ont repris qu’en 2003 avec la visite à Moscou de l’archevêque de Berlin Mark suivie, en 2004, de celle du métropolite Lavr, basé à New York. La réunification a été décidée en mai 2006.
Une partie du clergé émigré souhaite cependant que le patriarcat de Moscou se repente de son allégeance au régime communiste, avant d’évoquer une quelconque réunification. L’Eglise russe à l’étranger compterait aujourd’hui 500’000 fidèles dans plus de 30 pays et 300 paroisses en Amérique, en Europe et en Australie.
La réunification de l’Eglise orthodoxe russe est vue d’un mauvais oeil par le patriarcat oecuménique de Constantinople, dans la mesure où il considère sous sa juridiction tous les orthodoxes de la diaspora. (apic/imedia/ar/pr)




