Rétablir une unité pluraliste dans ce pays
Rome: Le Saint-Siège presse la communauté internationale d’apporter son aide à l’Irak
Rome, 3 mai 2007 (Apic) Le Saint-Siège a invité la communauté internationale à apporter son aide à l’Irak. C’est ce qu’a indiqué Mgr Silvano Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève, le 17 avril.
Mgr Tomasi s’exprimait dans le cadre de la Conférence internationale convoquée à Genève par le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés, pour répondre aux nécessités des réfugiés irakiens. Le texte de son intervention a été diffusé le 3 mai par le Bureau de presse du Saint-Siège.
Dans son discours, le prélat a ainsi poussé la communauté internationale à prendre ses responsabilités et à apporter sa protection et son aide à l’Irak. «La souffrance de toutes les victimes doit pousser à une réponse coordonnée, effective, et généreuse», a-t-il souligné. En effet, «là où la guerre et la violence ont détruit le tissu social et l’unité de l’Irak, des choix politiques judicieux et un enclenchement humanitaire non discriminatoire seraient une première étape pour rétablir une unité pluraliste». Tout en recommandant la coopération des acteurs des Etats, de la société civile et des Nations unies, il a aussi souhaité une participation responsable de tous les Irakiens.
L’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève a aussi souligné que les pays accueillant des Irakiens déplacés ne devaient pas être ignorés de la communauté internationale et devaient recevoir une solidarité rapide et réelle. «Sans cette solidarité, les victimes échappant à la violence», a-t-il précisé, courent le risque «de nouvelles formes d’exploitation et d’être privées des services de santé et d’éducation, d’un logement et de possibilités d’emploi».
Déracinement, haine, affrontements, terrorisme menacent la dignité humaine
Le déracinement et les déplacements de la population irakienne ont une conséquence énorme, a aussi expliqué Mgr Tomasi en saluant l’accueil des populations irakiennes par la Jordanie et la Syrie en particulier. Mgr Tomasi a pourtant reconnu que les problèmes économiques, sociaux et de sécurité remettent parfois en cause la volonté et la capacité d’accueil.
«Le monde manifeste en Irak un degré sans précédent de haine et de capacité de destruction», a enfin déploré le prélat italien. «Ce phénomène exerce en même temps un impact mortel élargi sur toute la région du Proche-Orient». «Affrontements sectaires et tribaux, actions militaires, groupes armés luttant pour le pouvoir, enlèvements, viols, terrorisme international, menaces de mort et meurtre de membres innocents de familles simplement parce qu’elles ont maintenu leur foi ancestrale : autant d’éléments qui, combinés, menacent la dignité humaine et le bien-être social dans la région», a-t-il continué. Le fait que des civils désarmés soient des cibles est un signe particulièrement tragique du mépris total du caractère sacré de la vie humaine, a-t-il enfin conclu. (apic/imedia/ms/js)



