Déclaration sur la justification, mise en garde contre les dérives

Rome: Le Saint-Siège rappelle que l’intercommunion avec les luthériens n’est pas autorisée

Rome, 26 mars 2001 (APIC) Mettant en garde contre les dérives et les mauvaises interprétations, le Saint-Siège rappelle que l’intercommunion avec les luthériens n’est pas autorisée. Même si «la conception luthérienne n’est plus condamnée par l’Eglise catholique», il reste encore des différences doctrinales, rappellent en chœur la Congrégation pour la doctrine de la foi et le Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens.

C’est pour mettre en garde contre certaines déviations dans l’application de la Déclaration conjointe sur la doctrine de la Justification que le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano» a publié, dimanche 25 mars 2001, une réflexion conjointe de la Congrégation pour la doctrine de la foi et du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens. Ce document rappelle les affirmations essentielles de la Déclaration conjointe signée le 31 octobre 1999 à Augsbourg entre l’Eglise catholique-romaine et la Fédération luthérienne mondiale (FLM), concernant l’eucharistie et la concélébration commune.

Communion et concélébration de l’eucharistie avec les luthériens pas autorisée

«Si des divisions surgissent entre chrétiens sur des questions essentielles de foi, ils doivent d’abord se réconcilier dans la foi», affirme le document, en précisant qu’il faut protéger les étapes déjà franchies avec les luthériens de «quelques interprétations non pertinentes». «Seulement après ils pourront célébrer l’eucharistie dans la vérité, comme expression de l’unité avec le Christ et entre eux», ajoute-t-il, faisant allusion à de mauvaises interprétations de la Déclaration qui auraient conduit certaines Eglises ­ en particulier celle d’Allemagne, où celle-ci a été signée ­ à autoriser la communion aux luthériens ainsi qu’à concélébrer l’eucharistie avec eux.

Un contre-témoignage pour l’unité visible de l’Eglise

«S’il n’y a pas d’unité sur des contenus doctrinaux essentiels, la célébration commune de l’eucharistie ne serait pas vraie et serait la preuve que la division entre chrétiens est insurmontable. (…) Ce serait donc un contre-témoignage pour l’unité visible de l’Eglise», explique le Saint-Siège dans le document, précisant que les mauvaises interprétations «constituent une renonciation à la vérité de foi de la part de ceux qui appartiennent à la confession de la foi catholique».

La réflexion publiée dans «L’Osservatore Romano» rappelle par ailleurs que l’approbation de la Déclaration conjointe par l’Eglise catholique n’annule pas l’enseignement qui ressort du Concile de Trente et de Vatican I et II, en particulier concernant les dérives évoquées. «Le 31 octobre 1999 peut être considéré comme un jour heureux dans l’histoire de l’oecuménisme», ajoute le document, rappelant que la Déclaration a constitué un pas décisif vers le dépassement de la division ecclésiale.

«Les erreurs commises ne doivent pas arrêter les réflexions sur la manière dont doit être appliquée la Déclaration conjointe sur la doctrine de la Justification», déclare en outre au correspondant de l’APIC le Père Matthias Türk, membre du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Pour lui, cette mise en garde n’est qu’un rappel des principes de la Déclaration et ne doit pas faire oublier le travail en cours «pour tenter de parvenir à l’unité dans la confession de la foi et dans le respect de la conscience de la vérité de chacun». Le cardinal Edward Cassidy, alors président du même Conseil pontifical, avait lui-même souligné, le 29 octobre 1999, la nécessité d’une telle Déclaration, précisant qu’elle «n’est pas la fin de la route» quant au dialogue oecuménique sur cette question et ses conséquences. «Comme la Déclaration sur la Doctrine de la Justification elle-même le souligne, beaucoup de travail doit encore être fait», avait-il déclaré. (apic/imedia/be)

26 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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