Pour un moratoire universel contre la peine de mort
Rome:Le Saint-Siège rappelle son soutien au droit fondamental à la vie
Rome, 7 février 2007 (Apic) Dans un message envoyé à l’occasion du congrès mondial sur la peine de mort, organisé du 1er au 3 février 2007 à Paris, et rendu public par le Bureau de presse du Saint-Siège le 7 février, le Vatican a apporté son soutien à un moratoire universel sur la peine capitale.
Pour lui, toute condamnation à mort «encourt de nombreux risques» et ôter la vie «ne permet jamais de parvenir à des objectifs estimables». Ce texte avait été présenté sur les ondes de Radio Vatican, le 3 février, comme un message adressé par Benoît XVI aux participants à la rencontre.
Faisant référence à «des exécutions récentes» qui ont relancé le débat, notamment celles de Saddam Hussein et de deux de ses collaborateurs, le Saint-Siège a souligné la nécessité de rappeler «la reconnaissance de la dignité inaliénable des êtres humains, de l’universalité et de l’intégralité des droits humains, en commençant par le droit à la vie» et «l’inviolabilité de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle».
Deux papes engagés contre la peine de mort
«L’usage de la peine de mort est non seulement un refus du droit à la vie mais aussi un affront à la dignité humaine». Le Vatican rappelle que Jean Paul II avait appelé à un moratoire sur la peine capitale en 2000 et que Benoît XVI était intervenu à plusieurs reprises auprès de plusieurs pays pour obtenir la clémence pour un condamné.
En effet, «les autorités légitimes de l’Etat ont le devoir de protéger la société des agresseurs», mais aujourd’hui il est «difficilement possible de justifier le choix» de la peine capitale «parmi les moyens utilisés» pour parvenir à cette fin. En plus d’ôter au présumé coupable «la possibilité de se racheter», «toute décision de peine capitale encourt de nombreux risques»: erreur judiciaire, promotion de la violence et du sentiment de revanche.
Paris a accueilli le 3e Congrès mondial contre la peine de mort, après ceux de Strasbourg en 2001 et de Montréal en 2004. Le congrès était placé sous le patronage conjoint du président Jacques Chirac et de la chancelière allemande Angela Merkel. 69 pays appliquent encore la peine de mort. Le Congrès avait pour but de sensibiliser l’opinion publique à la cause de l’abolition universelle. (apic/imedia/ar/js)



