L’ordination de femmes reste un obstacle
Rome: Le Saint-Siège réfléchit sérieusement à la demande d’unité de dissidents anglicans
Rome, 29 juillet 2008 (Apic) Dans une lettre au primat de la «Traditional Anglican Communion» (TAC – Communion traditionnelle anglicane, ndlr), séparée de la Communion anglicane et de l’archevêque de Canterbury, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, a assuré que le Saint-Siège portait une «attention sérieuse» à sa demande de rattachement à l’Eglise catholique.
La lettre du cardinal est datée du 5 juillet 2008 et a été publiée sur le site Internet de la TAC (www.themessenger.com). Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la fois y évoque aussi la situation «nettement plus complexe» de la Communion anglicane, qui a récemment fait le choix d’ouvrir l’épiscopat aux femmes.
«Je veux vous assurer de l’attention sérieuse que donne la Congrégation à la perspective d’unité corporative soulevée» par la «Traditional Anglican Communion», a ainsi écrit le cardinal Levada. Cette demande de rattachement à l’Eglise catholique romaine avait été présentée par la TAC le 9 octobre 2007, lors d’une visite de ses représentants au siège de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à Rome.
Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a toutefois évoqué «la situation au sein de la Communion anglicane en général» qui est devenue «nettement plus complexe au cours de cette même période». «Dès que la Congrégation sera en mesure de répondre de manière plus définitive concernant les propositions que vous avez envoyées, nous vous informerons», a continué le cardinal dans cette courte lettre en anglais.
Le 7 juillet 2008, l’Eglise anglicane, réunie en Synode général à York, au nord de l’Angleterre, a voté le principe de l’ordination de femmes évêques. Dès le lendemain, l’Eglise catholique avait condamné cette décision, définie comme «un obstacle à la réconciliation».
Cette question de l’ordination de femmes évêques menace de provoquer un nouveau schisme au sein de l’Eglise anglicane, forte de 77 millions de fidèles dans le monde, et déjà divisée sur la question de l’homosexualité.
Le dialogue entre la «Traditional Anglican Communion» et Rome s’est ouvert au début des années 1990. Organisation indépendante de la Communion anglicane et de l’archevêque de Canterbury, elle s’est formée en 1991 à la suite de divergences au sein de la communion anglicane concernant notamment l’ordination des femmes ou des homosexuels. Elle compte actuellement environ 400’000 fidèles Son actuel primat est l’archevêque de «l’Eglise catholique anglicane en Australie», Mgr John Hepworth, entré en fonction en 2002. (apic/imedia/ms/js)



