13e session plénière de l’Académie des sciences sociales
Rome: Le Saint-Siège remet en cause l’efficacité des institutions internationales
Rome, 2 mai 2007 (Apic) Le Saint-Siège remet en cause le bien-fondé des institutions internationales dans la promotion de la paix et de l’harmonie entre les nations, a indiqué mercredi la présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales.
Mary Ann Glendon s’exprimait lors d’une conférence de presse au Vatican, à l’issue de la 13e session plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales, tenue du 27 avril au 1er mai à Rome sur le thème «Charité et justice dans les relations entre les peuples et les nations».
Juan José Llach, conseiller de l’Académie et organisateur de la rencontre, a développé à cette occasion les principaux points abordés lors de cette 13e assemblée.
Mary Ann Glendon a expliqué que «l’Etat-nation, malgré ses faiblesses», permettait «à des millions de personnes de vivre ensemble en paix et dans la liberté, offrant aussi un espace d’exercice des vertus qui promeuvent le bien commun». «Pouvons-nous dire la même chose des institutions internationales?», s’est-elle demandée. «Il n’y a pas de doute que l’Eglise catholique, dans ses enseignements sur l’unité de la race humaine et sur la destination universelle des biens matériels, soit du côté des institutions qui promeuvent la paix et l’harmonie entre les nations», a-t-elle poursuivi.
Pour elle, le défi de ces institutions est aussi de laisser un espace plus grand pour les vertus de la charité et de la justice.
La présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales a aussi affirmé que les rencontres de l’Académie représentaient «un lieu privilégié d’écoute et de débat entre l’Eglise et le monde académique». Mary Ann Glendon a ainsi évoqué les propos du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, sur «les faiblesses des institutions multilatérales». Celui-ci a clarifié «la position du Saint-Siège qui soutient fermement les institutions internationales, mais ne soutient pas un type d’internationalisation dépourvu d’esprit critique, comme il ne soutient pas un nationalisme dépourvu d’esprit critique dans la défense des droits des nations», a-t-elle expliqué.
Nombre record d’intervenants
Mary Ann Glendon a enfin précisé que la rencontre de cette année «faisait partie d’un projet plus vaste de l’Académie sur les questions qui surgissent au sujet de la mondialisation». Elle a également souligné le nombre record d’intervenants lors de la rencontre. Parmi eux, Jacques Diouf, directeur général de l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a évoqué le thème de «l’accès à l’eau potable», et Henry Kissinger, ancien secrétaire d’Etat américain, qui a abordé le thème de «l’affaiblissement du pouvoir des Nations Unies à cause de la mondialisation».
Par la suite, Juan José Llach, conseiller de l’Académie et organisateur de la rencontre, a développé les thèmes abordés lors de cette 13e Assemblée. Parmi eux, «le problème des objectifs du Millenium», auxquels il propose d’ajouter une seconde génération d’objectifs, car ces buts ne concernent que «l’extrême pauvreté»: la question des déséquilibres financiers dans le monde, le problème de l’environnement, ainsi que le processus de ségrégation sociale et de ségrégation dans l’éducation. Il a aussi précisé que les conclusions de la rencontre seraient rendues public en 2008. (apic/imedia/ms/ar/pr)



