Rome: Le Saint-Siège se félicite de l’action déployée en Asie du sud-est après le tsunami
«Une réponse humanitaire sans précédent»
Rome, 15 juillet 2005 (Apic) Lors de la session du Conseil économique et social de l’Onu (ECOSOC) sur ’l’aide spéciale économique, humanitaire et de secours immédiat’, l’observateur du Saint-Siège auprès des Nations-Unies s’est félicité de l’action humanitaire déployée à travers le monde suite au tsunami qui a frappé le sud-est asiatique. Dans son discours prononcé le 13 juillet à New York, l’archevêque italien Celestino Migliore a fait un bilan de cette aide exceptionnelle et en a tiré quelques leçons.
Pour Mgr Migliore, la «crise sans précédent» du tsunami de décembre 2004 a reçu «une réponse humanitaire sans précédent». Dans son discours, il a souligné que des «personnes ordinaires» étaient allées parfois au-delà de «l’engagement de leur propre gouvernement». Il a aussi félicité les agences onusiennes pour «leur réponse rapide» à l’urgence de la crise.
Etablissant un bilan de l’aide apportée par l’Eglise catholique, le représentant du Saint-Siège à l’Onu a expliqué que le Vatican avait de son côté «débloqué immédiatement 4 millions de dollars» pour fournir une aide d’urgence. «Des douzaines d’agences catholiques ont immédiatement suivi avec des projets de reconstruction de maisons et d’écoles en Inde, Indonésie, au Myanmar, aux Philippines, en Somalie, au Sri Lanka, en Thaïlande et au Vietnam», a-t-il expliqué. Mgr Migliore a ainsi souligné que les agences liées au Saint-Siège ont débloqué quelque 650 millions de dollars. Cela sans compter l’action d’institutions religieuses locales, actives dans des projets de développement qui se poursuivent dans ces régions.
Après la phase d’urgence, «des projets de reconstruction et de réhabilitation» ont en effet commencé, a poursuivi le diplomate, incluant la reconstruction de maisons, écoles, hôpitaux, la mise en oeuvre de programmes relatifs à l’éducation et au transport, ou encore la réhabilitation des équipements agricoles ou de pêche des populations locales. Les agences continuent à oeuvrer à la réunification des familles et à les soutenir, a-t-il souligné, en insistant sur «l’importance vitale» de cette action.
Soutien religieux et spirituel nécessaire
«Dans ce contexte, le Saint-Siège est convaincu que le soutien religieux et spirituel fait partie du soulagement de tout être humain, même si c’est une dimension qu’on oublie souvent», a alors déclaré le prélat italien. Il a tenu à préciser que «dans toutes les circonstances, nous sommes engagés à respecter les différences religieuses et culturelles, et à travailler afin de faciliter la confiance entre les croyants de toutes les religions et les non-croyants». «La coopération interreligieuse et les initiatives pour la construction de la paix continueront à constituer un important élément du travail de l’Eglise dans ces pays, a-t-il ajouté.
«De la remarquable action à travers le monde devant cette crise, il semblerait que la première leçon et la plus importante soit l’existence d’une grande dose de bonne volonté chez les personnes ordinaires, manifestée par la solidarité naturelle et sincère, mais qui est souvent inexploitée», a alors déclaré Mgr Migliore. Il a aussi parlé du rôle qu’ont joué les médias pour rendre le monde encore plus assimilable «à un village global».
Une autre leçon que l’archevêque a tiré de cette expérience est «l’importance de la rationalisation et de la coordination des agences pour éviter une négligence dans l’attribution des ressources». Durant le tsunami, les agences et institutions de l’Eglise ont ainsi réussi à éviter de passer par une bureaucratie créant une déperdition d’énergie, a-t-il insisté.
Mgr Migliore a conclu en parlant du «besoin d’accroître la coopération internationale» afin «de créer et de renforcer les mécanismes» de prévention et de préparation des désastres naturels au niveau régional et national.
Polémiques sur certaines dépenses
L’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton, envoyé spécial du secrétaire général pour le tsunami depuis février dernier, a présenté le 14 juillet à New York un bilan des efforts de reconstruction accomplis depuis la catastrophe. Le raz-de-marée asiatique de décembre 2004 a fait quelque 215’000 morts et des milliers de déplacés et de sans abris. L’ampleur des réactions qu’il a suscitées a bousculé le fonctionnement de l’aide internationale. Si les ONG ont reçu d’énormes sommes d’argent, cela les a parfois incitées à dépenser sans compter, ce qui n’a pas été sans susciter certaines polémiques. Sans compter les débats sur la disproportion de l’aide accordée à cette partie du monde touchée par la catastrophe naturelle par rapport à celle accordée à d’autres régions en crise comme des pays d’Afrique. En outre, les Nations unies évaluent à 9 milliards de dollars le coût de la reconstruction qui relève désormais de l’aide publique. (apic/imedia/ar/bb)



