Rome: Le ton monte entre le gouvernement italien et le Saint-Siège au sujet du Pacs
«L’Osservatore» aux barricades contre le gouvernement Prodi
Rome, 10 décembre 2006 (Apic) Lancé de tracts sur le pape et colère de «L’Osservatore Romano»: le ton monte entre le gouvernement italien et le Saint-Siège au sujet du Pacs.
Le 8 décembre 2006, le passage de Benoît XVI dans la ville de Rome, lors de son traditionnel déplacement place d’Espagne pour la fête de l’Immaculée conception, a été «salué» par un lancé de tracts en faveur du Pacte civil de solidarité (Pacs). Au même moment, le gouvernement italien et sa majorité sénatoriale sont tombés d’accord pour présenter avant le 31 janvier 2007 un projet de loi sur la reconnaissance juridique des ’unions de fait’, hétérosexuelles et homosexuelles.
Le quotidien du Saint-Siège, L’Osservatore Romano, a réagi avec force, affirmant que la politique italienne de Romano Prodi voulait «éradiquer la famille».
Alors que le cortège papal s’apprêtait à passer dans une rue proche de la place d’Espagne, le 8 décembre, au coeur de Rome, quelques journalistes du quotidien communiste indépendant italien «Il Manifesto» ont lancé depuis la fenêtre de leur rédaction des tracts favorable au Pacs. «Lasciaci in Pacs», pouvait-on lire sur les tracts qui jouaient avec le mot latin «Pax» et l’expression «Pacs» pour demander au pape : «Laisse-nous en paix».
Dans un éditorial publié le 9 décembre, le quotidien communiste s’en est pris au pape qui, la veille, avait invité la Vierge Marie à être une «gardienne vigilante» afin que les peuples d’Italie et d’Europe sachent puiser dans leurs «antiques racines chrétiennes pour construire leur présent et leur avenir».
Dans son édition datée des 9 et 10 décembre 2006, «L’Osservatore Romano» a qualifié l’épisode survenu dans Rome de «méprisable», s’interrogeant sur «le concept de respect, de liberté et de progrès civil» des auteurs de cet acte à l’égard d’une manifestation religieuse. Le quotidien du Saint-Siège a aussi souligné «le caractère hypocrite» du projet de reconnaissance juridique des ’unions de fait’ qui «vise uniquement à accréditer une forme alternative de la famille». «Eradiquer la famille est la priorité de la politique italienne» a affirmé le quotidien du Saint-Siège qui a aussi relevé «les mensonges» du gouvernement de Romano Prodi qui parle de «droits individuels».
Le 8 décembre, dans le quotidien italien «La Repubblica», le cardinal Georges Cottier, ancien théologien de la Maison pontificale, a indiqué que «des structures sociales qui sont des «quasi-familles» ne peuvent être instituées car, de cette façon, la famille est inévitablement affaiblie tout comme la conscience que le rapport homme-femme est en jeu». «En ouvrant la porte à de nouvelles formes de vie en commun, on risque de démolir la famille», a encore affirmé le cardinal suisse.
Outre l’opposition de l’Eglise, la mise en place du Pacte civil de solidarité en Italie est un sujet largement controversé entre la droite de la péninsule et la gauche du gouvernement de Romano Prodi, mais également au sein de la coalition au pouvoir où communistes, Verts et radicaux poussent à l’adoption d’une loi, alors que les centristes de gauche issus de la démocratie chrétienne y sont réticents. (apic/imedia/ami/pr)




