Mais l’Eglise a fait des progrès, estime Mgr Renato Boccardo
Rome: Le Vatican a encore du chemin à parcourir dans son rapport avec les médias
Rome, 21 février 2005 (Apic) Le Vatican a encore du chemin à parcourir dans son rapport avec les médias, admet le secrétaire du Conseil pontifical pour les communications sociales. «Dans l’histoire de l’Eglise, a dit Mgr Renato Boccardo, il n’y a jamais eu une grande tradition de communication».
Si ces dernières années, l’Eglise a fait des progrès, elle a encore du chemin à parcourir, et réciproquement, a déclaré lundi Mgr Renato Boccardo, interrogé à l’occasion de la conférence de presse de présentation de la Lettre apostolique «Le progrès rapide des moyens de communication sociale».
«Je pense qu’il y a une certaine réticence» du Vatican à communiquer, a déclaré Mgr Boccardo interrogé par une poignée de journalistes français à l’issue de la conférence de presse. Pour lui, cela est «dû à une situation culturelle» car «malgré la bonne volonté» il y a «peut-être un manque d’habitude».
«Dans l’histoire de l’Eglise, il n’y a jamais eu une grande tradition de communication», a ainsi expliqué l’évêque italien. «C’est le pape Jean- Paul II qui a en premier commencé à avoir un rapport ouvert et disponible avec tous ceux qui travaillent dans la communication».
Pour l’évêque italien, l’aspect «de la facilité de la communication et de l’immédiateté» étant nouveau, il y a «encore chez des gens une certaine peur, une certaine réticence par rapport à un monde en continuelle mutation, et qui parfois aussi retransmet des informations qui ne sont pas exactes». «Dans le fond, il y a un manque de confiance réciproque, également de la part de certains responsables dans l’Eglise», a-t-il encore souligné.
Mais «c’est une peur qu’il faut absolument dépasser. Le pape nous en a donné l’exemple», a poursuivi Mgr Boccardo. «Le pape écrit que l’Eglise n’a pas peur de la communication mais considère avec sympathie la communication et leurs opérateurs».
Formation pour les membres de la curie?
Interrogé sur la difficulté des journalistes à obtenir des informations de membres de la curie, le numéro deux du Conseil pour les communications sociales a encore affirmé: «Je comprends bien la difficulté qui se présente devant un refus ou quand il faut donner une information sans pouvoir en spécifier la source».
Pour le président du dicastère, Mgr John Foley, qui participait à la conférence de presse, une personne qui «exprime une opinion ou donne des informations» devrait néanmoins «avoir le courage de donner son nom». Sinon, cela signifie qu’elle craint les effets de ce qu’elle dit ou qu’elle instrumentalise le journaliste.
Sur l’éventualité d’organiser des séminaires de formation pour aider les membres de la curie à discerner ce qu’ils pourraient dire aux médias, Mgr Boccardo a répondu «pourquoi pas», «on en a parlé plusieurs fois», «c’est un dossier à travailler». Quoiqu’il en soit, pour Mgr Boccardo, le temps permettra d’améliorer la situation. «Il faut encore un peu de patience et une mentalité qui doit se développer et s’approfondir».
S’arrêtant notamment sur les derniers épisodes médiatiques autour de la santé du pape, il a souligné que «les gens des médias sont toujours attentifs à tous les détails qui peuvent faire sensation». Or, «il faut comprendre que, du côté du Saint-Siège, il y a une réserve pour ce qui se réfère à la vie privée du pape. Il n’est pas nécessaire de tout raconter».
Interrogé sur les futurs voyages apostoliques, celui qui organise aussi les voyages pontificaux a rappelé que les Journées mondiales de la Jeunesse d’août prochain à Cologne étaient le seul voyage du pape prévu officiellement pour cette année. Quant à l’éventuel voyage de Jean-Paul II en Irlande, l’invitation des évêques irlandais est inscrite dans l’agenda du pape, mais il faut voir. (apic/imedia/ar/pr)



