Un marché lucratif
Rome: Le Vatican appelle les Etats à combattre le fléau de la prostitution enfantine
Rome, 5 mars 2007 (Apic) Le Saint-Siège a appelé les Etats et les organisations internationales à combattre le fléau de la prostitution enfantine. Mgr Celestino Migliore a lancé un appel dans ce sens au cours de la 4e conférence mondiale sur les femmes intitulée «Les femmes en l’an 2000: égalité entre les sexes, développement et paix pour le 21e siècle», organisée à New-York.
L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies s’exprimait le 2 mars 2007, au siège de l’ONU, sur le thème de «l’élimination de toute forme de discrimination et de violence contre les jeunes filles».
Mgr Migliore a ainsi recommandé aux Etats et organisations de combattre et de porter leur attention sur ce fléau. «Chaque jour, des violations du droit des femmes, des adolescentes et des jeunes filles sont tolérées dans de nombreux domaines», a regretté le nonce italien, condamnant la prostitution qui touche les enfants, l’exploitation sexuelle, les abus, la violence domestique, le travail des enfants et les trafics humains.
Les femmes victimes d’un soi-disant «statut inférieur»
«Le commerce international du sexe est devenu une industrie», a aussi dénoncé l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies. Un commerce qui est souvent passé sous silence parce qu’il est considéré comme faisant partie de «libertés démocratiques supposées», ou parce qu’il est aussi profondément enraciné dans certains endroits et aussi lucratif.
Se posant la question de savoir pourquoi les femmes et particulièrement les jeunes femmes sont si vulnérables, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a évoqué leur soi-disant «statut inférieur» dans certaines régions du monde, particulièrement pour les petites filles. Parfois, elles sont considérées comme un fardeau financier et sont éliminées avant la naissance, a-t-il expliqué.
«De cette manière, l’avortement, souvent considéré comme un outil de libération, est ironiquement utilisé par des femmes contre des femmes», a affirmé Mgr Migliore, condamnant aussi les mariages qui donnent parfois une façade à l’exploitation sexuelle et au travail forcé.
Mgr Migliore a aussi rappelé que le commerce et l’exploitation des femmes ne profite à personne, «sauf aux trafiquants eux-mêmes et aux clients». Le trafic des femmes viole leur droit à la vie et leur dignité, a-t-il affirmé. C’est pourquoi, des moyens doivent être trouvés pour les laisser partir de chez elles sans risque et sans honte et ne pas avoir à les rapatrier, a-t-il expliqué.
Pour l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, si les femmes décident de voyager à l’étranger pour leur travail, elles devraient pouvoir le faire sans risque. «Soulever les consciences est un moyen simple et efficace de combattre ce phénomène au niveau local», a-t-il ajouté. La Journée internationale de la femme 2007 aura lieu le 8 mars 2007 sur le thème «Mettre fin à l’impunité des auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes et des filles». (apic/imedia/ms/be)



