Droit de manifester son appartenance religieuse en péril

Rome: Le Vatican dénonce une nouvelle forme d’intolérance religieuse

Rome, 5 avril 2004 (Apic) Le Vatican dénonce une nouvelle forme d’intolérance religieuse qui pointe un peu partout dans le monde. Il s’inquiète des atteintes portées contre le droit de manifester son appartenance religieuse.

Au cours de son intervention à la 60e session de la Commission des Droits de l’homme des Nations Unies, qui se tient à Genève jusqu’au 23 avril 2004, Mgr Silvano Tomasi s’en est pris à certaines législations récentes. Rappelons que la France vient d’interdire le port «ostensible» de signes religieux.

Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, s’est élevé contre «une nouvelle forme subtile d’intolérance religieuse», au cours de son intervention, le 1er avril 2004 à Genève.

«Tout en respectant la nature séculière de l’Etat au sens strict, le rôle positif des croyants dans la vie publique doit être reconnu», a souligné Mgr Silvano Tomasi. «Ceci correspond à un pluralisme sain et contribue à la construction d’une authentique démocratie», a poursuivi le prélat, insistant sur le fait que la religion ne peut être «reléguée dans un coin de la vie privée».

Si l’observateur du Saint-Siège n’a appuyé ses propos sur aucun exemple précis, il faisait allusion aux législations récentes interdisant le port «ostensible» de signes religieux.

Par ailleurs, l’observateur du Saint-Siège a insisté sur le fait que si les instruments de droit international ont contribué à protéger les religions contre la discrimination, leurs droits continuent d’être violés dans de nombreux endroits de la planète. Mgr Tomasi vise «les groupes non- gouvernementaux, partie prenante à cette discrimination, qui usent de la violence contre des minorités religieuses, souvent en toute impunité, profanant cimetières et lieux de cultes et menaçant les chefs religieux» a déclaré le prélat.

Protection pour les religions subissant des discriminations

«La possibilité de choisir une religion, ainsi que le droit d’en changer, connaît de grands obstacles dans certains contextes sociaux, et ceci en violation directe du droit à la liberté de conscience», a souligné l’observateur du Saint-Siège. Les religions qui sont la cible de discriminations «doivent être protégées, avoir un accès facilité à la justice et, s’il y a préjudice, recevoir compensation».

«Je crois opportun de dire avec force que le droit à la liberté religieuse inclut à la fois une dimension individuelle et une dimension institutionnelle. (.) Chaque fidèle de toute religion a le droit, sans être accusé de menacer la sécurité et l’autorité de l’Etat, d’être respecté dans ses convictions et ses pratiques, au nom de la liberté religieuse. C’est un aspect fondamental de la liberté de conscience et une contribution effective au bien commun de la société», a conclu le délégué du Saint- Siège.

La Commission des droits de l’homme est le principal architecte de l’action des Nations Unies dans le domaine des Droits de l’homme. La Commission, qui compte 53 Etats, tient chaque année, en mars et avril, à Genève une session ordinaire de six semaines, à laquelle participent plus de 3’000 représentants d’Etats membres, d’Etats observateurs et d’organisations non gouvernementales. Chaque année, la Commission adopte une centaine de résolutions, de décisions et de déclarations touchant à l’application des Droits de l’homme dans le monde. (apic/imedia/vb)

5 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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