Rome: Le Vatican encourage la réalisation d’une encyclopédie orthodoxe russe
Sévères critiques contre le «prosélytisme» de l’Eglise catholique
Rome, 3 juin 2004 (Apic) Le Vatican encourage la réalisation d’une encyclopédie orthodoxe russe, bien qu’elle contienne de sévères critiques contre le «prosélytisme» de l’Eglise catholique. Les huit premiers tomes de ce projet monumental ont été présentés à Rome mardi 1er juin 2004 au soir, en présence de nombreuses autorités ecclésiales orthodoxes et catholiques, mais aussi culturelles et politiques.
Deux cardinaux sont intervenus au cours de la cérémonie: les cardinaux allemand Walter Kasper et tchèque Tomas Spidlik, spécialiste de la spiritualité orientale. Cette vaste entreprise, entamée en l’an 2000, devrait être finalement constituée de 30 volumes.
Question uniate et présence catholique sur le «territoire canonique» de l’Eglise russe
La lettre «V» étant placée en troisième position dans l’alphabet russe, les rédacteurs de cette encyclopédie ont donc déjà eu l’opportunité de traiter l’argument du Vatican. Une longue et précise description y est faite de l’organisation politique de l’Eglise catholique et en particulier des structures de la curie. Mais ce point traite aussi des positions oecuméniques du Saint-Siège.
Il y est écrit, entre autres, que «les relations avec l’Eglise orthodoxe russe ont été obscurcies par les activités de prosélytisme répétées de la part de l’Eglise catholique sur le territoire canonique des Eglises orthodoxes, et aussi de la part des gréco-catholiques, surtout en Galicie (Ukraine occidentale, ndr), quand les églises furent expropriées. Ces actes ne suscitèrent pas de condamnations de la part du Saint-Siège». (A noter que l’Eglise gréco-catholique, regroupant les catholiques de rite byzantin unis à Rome (uniates), avait été dissoute sur ordre de Staline en 1946 et intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe russe. ndr)
Cardinal Kasper: progrès dans le dialogue avec Moscou
Malgré cette description plutôt offensive des relations entre les deux Eglises, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a largement encouragé le travail des intellectuels orthodoxes, soulignant son importance pour une meilleure connaissance réciproque entre catholiques et orthodoxes et pour les fidèles orthodoxes eux-mêmes.
Interrogé par la correspondante d’Apic à Rome, le cardinal Kasper s’est par ailleurs montré très satisfait des progrès constatés dans le dialogue depuis sa visite à Moscou qui s’est déroulée en février 2004. Suite à sa rencontre avec les autorités orthodoxes, un groupe mixte de discussion a été remis en place, lequel s’est déjà réuni une fois. La prochaine rencontre est prévue pour le mois de septembre 2004. Selon le cardinal allemand, «l’ambiance dans laquelle s’est déroulée cette première réunion était sereine, calme, positive et constructive», bien que tous les problèmes n’aient pas été résolus.
Un apport de valeur pour l’ensemble du monde culturel russe
Lors de cette présentation qui s’est déroulée au siège du centre Dionysia – une association dédiée à l’art et à la culture – la fille de l’astronaute russe Youri Gagarine, Elena Gagarina, s’est aussi exprimée en tant que directrice du Musée national historique du Kremlin, à Moscou. Elle a présenté la valeur de ce projet encyclopédique pour l’ensemble du monde culturel russe. Le journaliste chargé d’introduire son intervention a souligné l’ironie de l’histoire, en rappelant que le vol dans l’espace de Gagarine avait été une occasion propice de propagande pour les autorités de l’Union soviétique. L’espace est vide, avaient-elles alors affirmé, et Dieu n’y habite pas.
De nombreux représentants du monde diplomatique étaient en outre présents à cette soirée, ainsi que le directeur des archives d’Etat de la Fédération de Russie, Sergei Mironenko, et l’archevêque Evgheny, recteur de l’Académie ecclésiale de Moscou. (apic/imedia/be)




