Ainsi que ceux qui ordonnent: décret romain
Rome: Le Vatican menace d’excommunication toute femme ordonnée prêtre
Rome, 30 mai 2008 (Apic) La Congrégation pour la doctrine de la foi a publié un décret précisant que toute personne ordonnant prêtre une femme, ainsi que cette femme, étaient désormais automatiquement excommuniés. Ce décret publié dans L’Osservatore Romano du 29 mai 2008 entre en vigueur dès sa publication.
«La Congrégation pour la doctrine de la foi, précise le décret publié à la fois en latin et en italien, afin de protéger la nature et la validité du sacrement de l’ordre sacré», a décrété le 19 décembre 2007 que «celui qui se risquera à attribuer l’ordre sacré à une femme, ainsi que la femme qui aura osé recevoir l’ordre sacré, encoure l’excommunication latae sententiae», c’est-à-dire par le fait même de réaliser cet acte. La même excommunication est appliquée aux fidèles des Eglises orientales, précise encore le décret.
Intitulé Decretum generale de delicto attentatae sacrae ordinationis mulieris, ce décret porte la signature du cardinal William Levada et de Mgr Angelo Amato, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
En juin 2002, sept femmes catholiques allemandes, autrichiennes et américaines, avaient été ordonnées prêtres au sein d’une communauté schismatique, fondée par un ancien prêtre catholique originaire d’Argentine, Romulo Antonio Braschi. Plusieurs de ces femmes étaient docteurs en théologie ou d’anciennes religieuses.
Le mois suivant, ces sept femmes avaient reçu un ultimatum de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui leur laissait quelques jours de réflexion et la possibilité de renoncer à l’ordination qu’elles venaient de recevoir. Le 5 août, après que celles-ci aient réaffirmé la validité de leur ordination, le Saint-Siège les avait formellement excommuniées, soulignant qu’elles avaient commis «un délit grave contre la constitution divine de l’Eglise».
Un vieux problème
A rythme régulier, la question de l’ordination des femmes comme prêtre ou diacre revient sur le devant de la scène. Ainsi, en juillet 2005, une catholique diplômée de théologie avait été ordonnée sur une péniche naviguant sur la Saône et le Rhône, à Lyon (France), non loin de la colline de Fourvière qui abrite le siège de l’archevêché de Lyon. Celle-ci avait alors été ordonnée par trois femmes évêques venues d’Allemagne, d’Autriche et d’Afrique du sud.
En septembre 2007, un groupe de religieux dominicains hollandais, évoquant le manque croissant de prêtres, avait par ailleurs plaidé en faveur de l’accès au sacerdoce des hommes mariés et des femmes.
Sous le pontificat de Paul VI, en 1976, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait déjà formulé les fondements de la position de l’Eglise sur l’ordination des femmes. Jean Paul II, par sa Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis (22 mai 1994), à l’occasion des ordinations de femmes dans l’Eglise anglicane, avait réaffirmé la position de l’Eglise catholique en expliquant qu’elle n’avait pas le pouvoir de donner l’ordination à des femmes. La question de l’ordination sacerdotale des femmes est d’ailleurs pour Rome un sujet de division avec l’Eglise anglicane. (apic/imedia/ami/pr)



