Rome: Le Vatican n’est pas Coca-Cola ou General Motors

Dans un monde «jeuniste», la vieillesse est aussi une valeur

Rome, 28 février 2005 (Apic) «L’Eglise n’est pas une multinationale comme Coca-Cola ou General Motors, dont le directeur pourrait démissionner comme le ferait un manager», déclare le président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs.

Pour le cardinal Julian Herranz, dont les propos sont rapportés par le quotidien italien La Stampa du 27 février 2005, le pape ne peut pas démissionner comme le directeur d’une multinationale, Coca Cola ou General Motors. Le cardinal, président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs rejette l’idée d’une possible renonciation de Jean Paul II. Il a regretté que ce soit «une chose que l’opinion publique ait du mal à comprendre Les gens se disent : pourquoi ne démissionne-t-il pas, comme le ferait un manager ?».

Certes, «l’Eglise aussi est une multinationale, mais une multinationale guidée par le Saint-Esprit. Et nous croyons fermement en cela», a encore souligné le cardinal Herranz. «Si on évalue la situation en termes purement humains, on voit une grande entreprise guidée par une personne âgée et malade. Mais en réalité, cette personne, du point de vue de l’Eglise est en train d’accomplir une grande mission évangélisatrice. Elle démontre que dans un monde qui ne semble apprécier que la jeunesse, la force, la beauté, le pouvoir, l’hédonisme et la richesse, la vieillesse et la maladie sont aussi une valeur».

«Le pape parle davantage au coeur des gens que quand il était jeune et fort»

Pour le cardinal espagnol, Jean Paul II réussit aujourd’hui «à parler au coeur de beaucoup plus de personnes que quand il était lui aussi jeune, fort». C’est pour cela, poursuit-il, que nous, ses collaborateurs, sommes très tranquilles (.), parce qu’il est évident que c’est l’Esprit qui agit».

Cependant, pour lui, il faut bien distinguer deux types de mission dans l’Eglise qui sont la mission canonique et la mission divine. «Une mission canonique typique est celle des évêques, qui assument la conduite d’un diocèse parce que le pape la leur a confiée». En acceptant leur charge, ils acceptent donc aussi la loi qui les met à disposition de leur diocèse jusqu’à leur 75e année.

«Pour le pape, la situation est différente», a souligné le cardinal espagnol. Citant la Constitution apostolique Universi dominici gregis, qui règle le futur conclave, il a ainsi souligné que «c’est une doctrine de foi que le pouvoir du souverain pontife dérive directement du Christ, dont il est le vicaire sur la terre».

Ainsi pour le président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, le concept de mission divine «est très fort chez Jean Paul II. Il le vit et le sent de manière extraordinaire» (apic/imedia/ms/vb)

28 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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