Rome: Le Vatican offre 100’000 dollars pour lutter contre les mines anti-personnel

«Des armes anti-humaines par excellence»

Rome, 5 décembre 1997 (APIC) A l’occasion de la Conférence d’Ottawa, le Vatican a offert une contribution de 10’000 dollars au Comité international de la Croix Rouge (CICR) pour soutenir son combat contre les mines anti-personnel, a confirmé vendredi la Salle de presse du Saint-Siège.

Pour Mgr Jean-Louis Tauran, «ministre des Affaires étrangères» du Vatican, la Convention d’Ottawa contre les mines antipersonnel est «bien plus qu’un traité de désarmement», c’est une «convention humanitaire» et même un «élément capital du droit humanitaire».

Le 13 janvier dernier, lors de son discours annuel au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le pape Jean Paul II avait pris position en demandant, rappelle Mgr Tauran, «l’élaboration d’un instrument juridique international contraignant, assorti de mécanismes de contrôles adaptés, pour l’élimination des mines anti-personnel». Mgr Tauran reconnaît dans la Convention d’Ottawa le document souhaité par Jean-Paul II. Il se réjouit de l’engagement solennel pris par de nombreux gouvernements pour l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et pour leur destruction.

De fait, pour Mgr Tauran, il existe d’autres moyens que les mines antipersonnel pour assurer la sécurité des Etats. Il déplore que les mines non seulement tuent mais blessent irrémédiablement les personnes, les «mutilent pour le reste de leur existence qui sera faite, de dépendance et de frustration». Or, les premières victimes sont les civils, en particulier les enfants, surpris dans leurs jeux», dénonce encore le Délégué du Saint-Siège.

Pour Mgr Tauran, la convention d’Ottawa manifeste tout d’abord la volonté de la communauté internationale de sauvegarder la vie et la dignité de la personne humaine. Il s’agit aussi d’un consensus pour favoriser le retour des personnes déplacées vers leurs foyers et leurs lieux de travail. Après déminage, la terre peut retrouver son usage agricole ou industriel. Quatrième élément important: les Etats signataires s’engagent à contribuer aux dépenses entraînées par les soins et la réhabilitation des personnes handicapées. Aider les pays infestés à se débarrasser définitivement des mines est également un objectif prioritaire. Enfin, la décision d’arrêter à tout jamais la fabrication et le commerce des ces «instruments de mort qui frappent sans discrimination aucune» est sans doute fondamentale.

“Tuer scientifiquement et de manière indiscriminée ou mettre au point des armes qui abîment l’homme longtemps après la cessation des hostilités, c’est le meilleur moyen pour faire que la haine et la mort continuent de tenir captif notre monde… C’est aussi rendre plus difficile la solution des problèmes qui ont provoqué la guerre >>.

Mgr Tauran a invité les Etats encore hésitants à avoir le «courage» de renoncer aux mines antipersonnel, armes «anti-humaines par excellence» parce qu’elles sont cause de «crimes contre l’humanité» et à adopter la Convention d’Ottawa . (apic/imed/cic/mp)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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