Négociations en vue de libérer les otages italiens

Rome: Le Vatican poursuit son rôle de médiateur en Irak

Rome, 25 mai 2004 (Apic) Selon le cardinal Tarcisio Bertone, l’Eglise a joué un rôle actif pour la restitution du corps de Fabrizio Quattrocchi et poursuit sa mission d’intermédiaire en vue de la libération des otages italiens. C’est ce qu’a affirmé l’archevêque de Gênes à la presse italienne le 24 mai.

«Avec la Croix-Rouge italienne, le Saint-Siège, la nonciature apostolique et l’Eglise chaldéenne ont tous joué un rôle important dans les tractations en cours», a expliqué le cardinal italien. «Ces dernières semaines, l’Eglise de Gênes a été en contact permanent avec l’Irak par le biais du Saint-Siège et du nonce apostolique à Bagdad, Mgr Filoni. Ce dernier m’a aussi écrit une lettre que je lirai à l’occasion de la célébration des funérailles», a-t-il encore affirmé.

Le corps de Fabrizio Quattrochi, l’otage italien assassiné en Irak le 14 avril, a finalement été rapatrié à Rome dans l’après-midi du 24 mai. Il sera transféré dans les prochains jours à Gênes, ville d’origine de la famille Quattrochi, où seront célébrées les funérailles présidées par le cardinal Tarcisio Bertone.

Les oulémas coopèrent avec le Vatican

«Le Conseil des oulémas est disposé à coopérer avec le Vatican pour la libération des otages», a pour sa part déclaré le cheikh Musanna Aref Suleyman, un porte-parole du Conseil des oulémas, la plus haute institution religieuse sunnite en Irak, au quotidien «La Stampa» le 24 mai. Trois Italiens sont toujours prisonniers d’un groupe lié à la guérilla de Falluja, depuis le 12 avril.

«Votre Eglise est déjà intervenue», a affirmé le cheikh irakien. Nous savons que ses membres «cherchent la paix. Et ce sont des personnes religieuses, ce qui est important pour nous». «Ils étaient contre la guerre et n’ont jamais été les alliés des Américains. Or, tous savent que la requête des preneurs d’otages était le retrait des soldats italiens de Nassiriya», a-t-il également affirmé en ajoutant: «Aujourd’hui nous pensons qu’une intervention du Vatican en faveur de la fin de l’occupation pourrait aussi aider les otages».

Pour le cheikh sunnite, «les preneurs d’otage veulent seulement traiter avec des institutions neutres, avec des hommes de paix, (.) et pas avec un gouvernement qui trompe les Italiens, qui occupe l’Irak avec les soldats américains, attaquant les mosquées et torturant les Irakiens».

L’Eglise catholique dispose de ses propres canaux

Au Vatican, un officiel au courant du dossier affirme que le Saint- Siège s’est «activé et continue à le faire». Il précise que «l’Eglise a ses propres canaux», mais il souligne que «la situation est si complexe qu’il faut plus de temps que l’on pourrait imaginer pour avancer». On y analyse aussi la déclaration des Oulémas comme un fait politique, souhaitant indiquer que la médiation du gouvernement italien pourrait ne pas être en mesure d’aboutir.

Contacté par ailleurs par l’Apic le 25 mai, le père Philip B.Najim, représentant de l’Eglise chaldéenne à Rome, n’a ni confirmé ni infirmé les déclarations du cardinal Bertone. Il s’est contenté de souligner que si le cardinal s’exprimait sur ce sujet, cela signifiait que ces informations n’étaient pas dénuées de fondements. (apic/imedia/bb)

25 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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