Rome: Le Vatican préconise l’envoi d’une force d’intervention humanitaire au Kosovo
«La guerre est une aventure sans retour»
Vatican, 9 octobre 1998 (APIC) Mgr Jean-Louis Tauran, «ministre des Affaires étrangères» du Vatican, préconise l’envoi d’une «force d’intervention humanitaire au Kosovo, même s’il faut préférer la négociation aux armes, il est nécessaire de désarmer l’agresseur», a-t-il déclaré sur Radio-Vatican. Cette prise de position du Vatican est en quelque sorte la réponse aux déclarations de la Secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, au sujet d’une éventuelle intervention des forces de l’OTAN au Kosovo.
La réunion, hier, à Londres, des pays du «groupe de contact» pour le règlement de la «crise» du Kosovo a débouché sur un ultimatum adressé à Slobodan Milosevic, mais sans date buttoir. Il est, entre autres, demandé au président serbe d’ordonner le retrait de ses troupes du Kosovo, de permettre le retour des centaines de milliers de réfugiés d’origine albanaise, et de préparer un futur statut de la région respectant ses droits et son identité.
Pour sa part, la Secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, a déclaré que l’OTAN était «prêt à agir». Et «L’Osservatore Romano» titre à la une de son édition de vendredi: «Kosovo: les espaces de négociation diminuent. Les avions de l’OTAN prêts à intervenir».
Au vu de ce contexte, le Vatican se déclare préoccupé par un éventuel usage de la force et Mgr Tauran, interrogé par Radio Vatican, rappelle les paroles de Jean-Paul II, à la veille de la Guerre du Golfe: «La guerre est une aventure sans retour». C’est la raison pour laquelle il lance un appel en faveur d’une solution négociée, dans un «dialogue loyal et le respect du droit».
Mais il précise qu’il «faut en même temps désarmer l’agresseur», c’est pourquoi le Vatican préconise l’envoi d’une force d’interposition humanitaire qui mette fin à la «cruauté, à la barbarie, aux violations des droits de l’homme qui laissent le monde impuissant». «La violence, le mépris des personnes, l’usage des armes, ne sont jamais des moyens dignes de l’homme», dit en substance Mgr Tauran.
Dimanche dernier, à la fin de la célébration eucharistique, à Split (Croatie), et en présence de Mgr Marko Sopi, évêque de Skopje-Prizren, le pape Jean-Paul II avait lui-même lancé un appel à la communauté internationale en faveur du Kosovo, mais sans préciser sa pensée. (apic/imed/ab)



