Rome: Le Vatican réagit à l’interdiction de visa pour un prêtre catholique en Russie

Un geste «grave» dans les relations entre Rome et Moscou

Rome, 12 avril 2002 (APIC) Le Saint-Siège qualifie de «geste grave» le retrait du visa par le gouvernement russe à un prêtre catholique italien qui travaillait en Russie depuis plus de dix ans. Le père Stefano Caprio avait appris qu’il ne pourrait plus retourner travailler en Russie, le 5 avril, alors qu’il quittait le pays pour quelques jours. Il est accusé d’espionnage de la part des services secrets russes.

«Il s’agit d’un fait grave dans les relations entre Rome et Moscou», affirme-t-on à l’APIC de source vaticane officielle, le 12 avril. «C’est la seconde fois en près d’un an qu’un tel geste est fait contre l’Eglise catholique en Russie». Le père Jozef Opiela, d’origine polonaise, avait en effet été interdit de visa il y a près d’un an, alors qu’il était le secrétaire de la Conférence épiscopale russe.

Le nonce apostolique en Russie, Mgr Giorgio Zur, avait été reçu par Jean Paul II le 6 avril. Au lendemain de l’interdiction du visa, cette affaire a certainement été abordée entre les deux hommes.

D’après l’agence vaticane Fides, le père Caprio a été interdit de visa le 5 avril, alors qu’il était déjà monté dans l’avion qui devait le conduire en Italie. Il devait retourner en Russie quatre jours plus tard. «Le père Caprio avait déjà été dénoncé il y a deux ans par des journaux comme étant membre de ’l’intelligence vaticane», rappelle Fides. «Ce prêtre était inscrit depuis sur la liste des personnes non désirées sur le territoire russe, considérées comme étant des menaces pour la sécurité de l’Etat».

Cette accusation d’espionnage n’a absolument aucun sens, ont affirmé pour leur part des responsables de la nonciature apostolique en Russie, cités par l’agence russe Interfax, le 10 avril. «La décision d’interdire le père Caprio de visa rappelle les pratiques regrettables de la période soviétique», ont-ils ajouté.

Arrivé en Russie en 1989, le père Stefano Caprio est curé d’une paroisse de quelque 500 fidèles et donne par ailleurs des cours à l’Université de théologie de Moscou, ainsi que dans une Université d’Etat. Auparavant, il avait été aumônier de l’ambassade italienne à Moscou. L’interdiction de visa est prévue pour une durée de 12 mois. (apic/imed/bb)

12 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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