Le Saint-Siège rappelle sa position sur la shoah
Rome: Le Vatican réagit à la conférence révisionniste de Téhéran sur l’holocauste
Rome, 12 décembre 2006 (Apic) Réagissant aux thèses révisionnistes – en particulier à la conférence internationale sur la shoah ouverte lundi 11 décembre à Téhéran – le Vatican a publié mardi un communiqué soulignant la tragédie du peuple juif.
«Le siècle dernier a été le témoin de la tentative d’exterminer le peuple juif, avec pour conséquence le meurtre de millions de juifs de tous âges et catégories sociales, pour le seul fait d’appartenir à ce peuple», rappelle le Saint-Siège le 12 décembre. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait, lui, parlé du «mythe» du génocide juif.
La shoah a été une «tragédie effroyable, devant laquelle on ne peut rester indifférents», a affirmé le Saint-Siège, dans une déclaration rendue publique par son Bureau de presse, le 12 décembre 2006. Se référant à la conférence qui se tient à Téhéran, le Saint-Siège rappelle sa propre position, déjà exprimée dans le document de la Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme «Souvenons-nous: une réflexion sur la Shoah», du 18 mars 1998, est-il précisé dans le communiqué. Cette déclaration intervient à la veille de la visite au Vatican du premier ministre israélien Ehud Olmert, prévue le 13 décembre.
«Le siècle dernier a été témoin de la tentative d’extermination du peuple juif, avec le meurtre de millions de juifs, de tous les âges et catégories sociales, pour le seul fait d’appartenir à ce peuple», poursuit-elle. L’Eglise aborde l’expérience vécue par le peuple juif durant la Seconde guerre mondiale avec un grand respect et une grande compassion, peut-on lire. «Le souvenir de ces faits terribles doit rester un avertissement pour les consciences, afin d’éliminer les conflits, de respecter les droits légitimes de tous les peuples, d’exhorter à la paix, dans la vérité et dans la justice», poursuit encore la déclaration.
Cette position a été, entre autres, affirmée par le pape Jean Paul II devant le mémorial Yad Vashem à Jérusalem le 23 mars 2000 et a été rappelée par Benoît XVI lors de sa visite au camp d’extermination d’Auschwitz, le 28 mai 2006. La conférence organisée sur à Téhéran sur l’holocauste des juifs – qui doit se conclure le 12 décembre par un message du président iranien Mahmoud Ahmadinejad – a suscité une vague de protestations en Israël, aux Etats-Unis et en Europe.
Jamais une tribune internationale n’a été ainsi offerte aux négationnistes du génocide des juifs comme les Français Robert Faurisson et Georges Theil, condamnés par la justice française, l’Américain David Duke, ex-dirigeant du Ku Klux Klan de Louisiane, ou l’Australien Fredrick Toeben, qui fut détenu en Allemagne pour incitation à la haine raciale. Quelque soixante conférenciers se sont réunis les 11 et 12 décembre autour de la question de l’holocauste.
Dès son discours d’ouverture, Manouchehr Mottaki, ministre iranien des Affaires étrangères, a expliqué que l’antisémitisme est un «phénomène européen» et «dans la longue histoire de l’Iran, il n’y a aucun document établissant une seule manifestation d’antisémitisme». La Shoah «ne peut en aucune manière être utilisée pour justifier les injustices qui frappent les Palestiniens», a-t-il déclaré.
Devant de tels propos, la communauté juive d’Iran (25’000 personnes contre 60’000 avant la révolution khomeiniste de 1979) a exprimé son opposition. Et l’amalgame de thèses révisionnistes et antisionistes a suscité un tollé dans le monde, et surtout en Israël. «Cette conférence est nauséabonde et prouve l’ampleur de la haine vis-à-vis des juifs et d’Israël», a ainsi commenté le Premier ministre, Ehud Olmert.
La conférence a été organisée à l’initiative du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a remis en question à de nombreuses reprises l’authenticité de la shoah et a multiplié les appels à l’anéantissement de l’Etat d’Israël. (apic/imedia/ar/be)



