Condamné en 1887 pour ses écrits, le Père Rosmini est réhabilité

Rome: Le Vatican reconnaît que l’oeuvre du Père Rosmini est fidèle à la doctrine de l’Eglise

Rome, 1er juillet 2001 (APIC) La Congrégation pour la doctrine de la foi reconnaît que la pensée et l’oeuvre du père Antonio Rosmini Serbati (1797-1855) est fidèle à la doctrine de l’Eglise, à condition de ne pas la considérer dans «une optique idéaliste ni ontologiste». Un décret du Saint-Siège avait condamné, en 1887, quarante propositions tirées des oeuvres du prêtre italien.

Les «motifs de préoccupations et de difficultés» relevées dans les oeuvres du père Rosmini peuvent désormais être dépassées, écrit la Congrégation pour la doctrine de la foi dans une note publiée le 30 juin 2001, précisant toutefois que le décret de 1887, ’Post obitum’, reste valable «pour tous ceux qui interprètent son oeuvre dans une optique idéaliste et ontologiste».

Caractérisant l’oeuvre et la pensée d’Antonio Rosmini «d’une grande audace et d’un grand courage», la Congrégation pour la doctrine de la foi reconnaît que le fondateur de l’Institut de la charité et des soeurs de la divine providence «s’est dirigé vers un horizon ascétique et spirituel», son oeuvre ayant été reconnue «même par ses adversaire les plus acharnés».

La Congrégation ne nie pas cependant que la pensée du père Rosmini «ne se prive pas d’une certaine hardiesse périlleuse dans sa tentative d’offrir de nouvelles opportunités à la doctrine catholique en rapport aux défis de la pensée moderne».

Souvent cité par les papes du 20e siècle

La pensée du Père Rosmini a souvent été reprise par les papes du 20ème siècle. Jean Paul II a lui-même cité le philosophe à plusieurs reprises au cours de son pontificat, notamment dans son encyclique «Foi et Raison», le mettant au même rang que le cardinal John Henry Newman et le philosophe Jacques Maritain. La cause de béatification du Père Rosmini a par ailleurs été conclue dans sa phase diocésaine le 21 mars 1998.

Antonio Rosmini Serbati est né en 1797 à Rovereto, province italienne du Trentin alors sous occupation autrichienne. Il a suivi des études de philosophie et de théologie à l¹université de Padoue. Ordonné prêtre en 1821, il s¹établit dans le Piémont en 1829, à Domodossola, où il a fondé un ordre religieux, l¹Institut de la charité. Il a consacré sa vie à l’étude de la philosophie, abordant des domaines spécifiques tels que la philosophie morale, juridique et politique, la logique et les mathématiques, l¹économie, la médecine, les arts et la littérature. (apic/imed/bb)

1 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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