Rome: Le Vatican répond au mécontentement du gouvernement chinois
«Il ne faut pas confondre religion et politique»
Vatican, 21 septembre 2000 (APIC) Le Vatican répond au mécontentement du gouvernement chinois face à la canonisation des 120 martyrs. Annoncée en mars 2000, la date de la canonisation a été perçue comme une provocation par les autorités de Pékin. Le 1er octobre correspond en effet à la date de la fête nationale chinoise, jour anniversaire de la proclamation de la République populaire de Chine en 1949.
La canonisation des 120 martyrs, qui aura lieu le jour anniversaire de la proclamation de la République populaire de Chine, est considérée par les autorités chinoises comme une critique implicite du gouvernement actuel. Elle concerne, en effet, des victimes de l’insurrection des «Boxers», qui se sont élevés en 1900 contre l’intervention des puissances occidentales en Chine, et sont présentés aujourd’hui comme des héros par le régime communiste.
Raymond Tai, ambassadeur de Taïwan auprès du Saint-Siège, pense qu’une telle interprétation par les autorités de la Chine continentale est «une élaboration idéologique regrettable». «Nos frères de Pékin ne devraient pas confondre ainsi le religieux et le politique», a-t-il expliqué à l’agence APIC avant de préciser: «Le Saint-Siège ne cherche pas à critiquer leur régime en honorant les victimes des «Boxers». Il s’agit simplement pour l’Eglise catholique de rendre hommage, dans un but religieux, à des fidèles qui ont fait le sacrifice de leur vie pour leurs convictions».
Choix de la date d’après le calendrier religieux
Raymond Tai fait remarquer que «l’Eglise catholique choisit les dates de ses cérémonies selon son calendrier religieux et non pas selon des fêtes à connotation politique». Il estime que les autorités chinoises devraient prendre cela en considération et admettre que le Saint-Siège ne s’intéresse pas aux questions politiques. Le 1er octobre est avant tout pour l’Eglise catholique la fête de Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, très vénérée par les catholiques chinois.
Le père Giovanni Chiu, responsable à Rome du centre d’accueil «Agostino Tchao» pour les immigrés chinois, a déclaré que cette canonisation honore tout le peuple de l’Empire du milieu. Les 120 martyrs ont tous vécu entre le XVIIème et le début du XXème siècle. Ils ont été béatifiés entre 1900 et 1946. «Ils n’ont donc rien à voir avec la période contemporaine de l’histoire chinoise», a relevé le père Chiu. D’après lui, cette canonisation est en revanche une «reconnaissance très importante de la vitalité de l’Eglise en Chine», du fait que 87 des 120 martyrs étaient justement de nationalité chinoise.
Des saints de nationalités différentes
Parmi les futurs saints, on dénombre 87 Chinois et 33 missionnaires étrangers, dont des Français, des Italiens, des Espagnols ou encore des Hollandais. 66 des 87 Chinois canonisés par le pape ont été tués lors de l’insurrection des «Boxers», en 1900, qui s’opposaient à la présence des Occidentaux en Chine.
«Ces Chinois ont toujours aimé leur pays et ils ont été de bons citoyens, souligne-t-on au Vatican. Ils sont morts simplement pour leur foi, et non pour des finalités politiques. De plus, les 33 missionnaires ne doivent pas être assimilés aux actions économiques et politiques des puissances occidentales» car ils sont tous morts alors qu’ils étaient au service du peuple chinois.
Ces martyrs de Chine sont «proposés aux chrétiens du monde entier comme exemples de foi». Ils seront canonisés le 1er octobre parce qu’il s’agit du premier dimanche du mois de prière pour les missions. Le père Giovanni Chiu est chargé de recevoir les Chinois qui viendront à Rome pour la canonisation des 120 martyrs. En tout, ils devraient être près de 4’000 fidèles sur la place Saint-Pierre le 1er octobre. (apic/imed/fm)



