Ambitieux projets, pour passer de la parole à l’acte

Rome: Le Vatican souhaite être le premier Etat écologique en Europe

Rome, 29 août 2008 L’Etat de la cité du Vatican, avec ses 44 hectares de superficie, entend devenir le premier d’Europe à utiliser, d’ici 2020, 20% d’énergies renouvelables. Le plus petit Etat du monde, encouragé par les discours environnementaux du pape, souhaite ainsi être le premier Etat écologique d’Europe et entame en septembre 2008 un premier chantier consacré à l’énergie solaire.

«Notre défi est que l’Etat de la cité du Vatican rejoigne les objectifs européens avant l’Europe elle-même», a confié Mauro Villarini, responsable des projets sur les sources d’énergies renouvelables pour le Vatican dans l’édition du 29 août 2008 de L’Osservatore Romano.

En 2007, la Commission européenne a en effet souhaité réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Parallèlement, elle a présenté un plan visant à ce que, dans le même temps, 20% de la consommation énergétique européenne provienne de sources d’énergie renouvelables, en alternative aux énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon.

2000 m2 de panneaux solaires

Dans le quotidien du Vatican, Mauro Villarini a donné de nombreux détails techniques sur l’installation, à compter de septembre prochain, de 2’400 panneaux solaires sur le toit de la salle Paul VI, où le pape tient nombre de ses audiences générales. Les panneaux de cellules photovoltaïques devraient recouvrir quelque 2’000 mètres carrés du toit sur la partie dirigée vers le sud. Cette production électrique devrait permettre d’alimenter tout ou partie du bâtiment qui accueille aussi les bureaux et les salles du Synode des évêques et qui fut construit par l’architecte Pier Luigi Nervi entre 1966 et 1971.

L’énergie solaire sera aussi exploitée à partir de 2009 sur le toit de la cantine des employés de l’Etat de la cité du Vatican. Des panneaux solaires devraient alors permettre cette fois-ci la production d’eau chaude pour climatiser le bâtiment.

Mauro Villarini a également confié que le Vatican étudiait actuellement des projets autour de l’énergie éolienne ou des gaz combustibles susceptibles d’être menés dans les zones extraterritoriales du Vatican: à Santa Maria di Galeria, au nord de Rome, ainsi qu’à Castel Gandolfo, au sud de la capitale italienne.

Des progrès à faire

Peu à peu, l’Etat du Vatican se tourne donc vers les énergies renouvelables, mais le tri sélectif est loin d’être encore une habitude dans les bureaux et les différents services du plus petit Etat du monde dont les ordures sont gérées par la Mairie de Rome.

De nombreux véhicules électriques ont été, au fil des ans, offerts au pape. Cependant, voiturettes et scooters écologiques restent souvent au garage, faute d’installations électriques pour les recharger.

En 2007, le Vatican, par l’entremise du Conseil pontifical de la culture, s’est vu offrir par des agences américaine et hongroise spécialisées dans la vente de «crédits CO2» un terrain de 7’000 hectares situé en Hongrie. En y plantant une «forêt climatique», le Vatican pourrait devenir le premier Etat neutre en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Une préoccupation grandissante

Au-delà des gestes, la question écologique, baptisée au Vatican «respect de la Création», revient très fréquemment dans les interventions de Benoît XVI qui prône une utilisation «juste» et «équitable» des ressources de la terre.

Devant les prêtres du Haut Adige (Italie), le 6 août dernier, le pape avait ainsi mis en garde devant une séparation entre l’environnement naturel et Dieu. «La consommation brutale de la Création commence là où Dieu n’existe pas», avait-il alors affirmé. A Sydney (Australie), en juillet dernier, le pape avait appelé les jeunes générations à sauvegarder leur environnement naturel et social. Devant les jeunes du monde entier, il avait ainsi évoqué les «plaies» qui marquent «la surface de la terre: l’érosion, la déforestation, le gaspillage des ressources minérales et marines et ce, pour alimenter un besoin de consommation insatiable».

En visite aux Etats-Unis trois mois plus tôt, Benoît XVI n’avait hésité à dénoncer «l’exploitation irresponsable» de l’environnement.

En outre, les interventions du Saint-Siège devant les différentes organisations internationales se focalisent de plus en plus sur la question environnementale. Enfin, la prochaine «Lettre encyclique» de Benoît XVI, qui pourrait paraître à l’automne 2008, devrait entre autres aborder la question de l’accès aux ressources énergétiques et du respect de l’environnement. (apic/imedia/ami/pr)

29 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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