70 oeuvres rassemblées pour une expo hors du commun
Rome: Les 500 ans de la basilique Saint-Pierre seront marqués par plusieurs manifestations
Rome, 21 avril 2006 (Apic) Les 500 ans de la basilique Saint-Pierre seront marqués par plusieurs manifestations au Vatican. Une exposition devrait constituer le point fort de cet anniversaire.
De nombreuses manifestations sont prévues pour la commémoration de cet anniversaire de la basilique Saint-Pierre, dont la première pierre fut été posée en 1506 par le pape Jules II.
L’un des événements les plus attendus sera l’exposition «Petros Eni», qui sera inaugurée le 3 octobre 2006 dans le «Bras de Charlemagne» au Vatican. Ces manifestations conduites par la Fabrique de Saint-Pierre ont été présentées le 20 avril lors d’une conférence de presse.
Ouverte jusqu’au 8 mars 2007, l’exposition «Petros Eni» (’Pierre est ici’, en grec) tire son nom de l’inscription gravée sur un célèbre fragment d’enduit rouge du IVe siècle provenant de la nécropole de la basilique. Il avait été découvert lors des fouilles entreprises uniquement de nuit par Pie XII à partir de 1939 afin de localiser la tombe de Pierre, a rappelé le cardinal Francesco Marchisano, archiprêtre de la basilique.
Ce fragment sera la pièce maîtresse de l’exposition, constituée en partie d’objets de l’époque paléochrétienne découverts durant les dix dernières années de fouilles, toujours en cours au Vatican. C’est le cas d’un sarcophage trouvé en 2003 et datant de 170, avant la construction de la première basilique constantinienne, a annoncé pour sa part Maria Cristina Carlo-Stella, coordinatrice du projet de cette exposition.
Parmi les quelque 70 oeuvres rassemblées pour cette exposition seront présentés des manuscrits et dessins des plus grands artistes italiens qui ont contribué à la construction de l’édifice. Ces documents proviennent principalement du Musée des Offices de Florence, de la Bibliothèque vaticane, des Musées du Vatican et de la Fabrique de Saint-Pierre. Une lettre autographe de Michel-Ange appartenant aux Archives du Vatican sera aussi exposée pour la première fois au public.
Autre oeuvre très attendue: la maquette de la coupole dessinée par Michel-Ange en 1558, autour de laquelle a été conçue l’exposition, a expliqué Antonio Paolucci, président du comité scientifique et commissaire de l’exposition.
Outre cette exposition, d’autres manifestations auront lieu au Vatican. Une conférence intitulée «saint Pierre dans les Ecritures Saintes, dans la dévotion et dans l’iconographie» se tiendra le 19 janvier 2007 dans la salle du Synode, portant notamment sur les dernières fouilles entreprises dans la nécropole romaine autour de l’autel de la Confession de saint Pierre.
Deux concerts sont également prévus pour l’année 2006. Un oratorio intitulé «Petrus Eni», composé spécialement pour le 500e anniversaire de la basilique aura lieu le 2 juillet. Le Requiem de Mozart sera joué dans la basilique le 19 novembre, sous l’initiative du cardinal Christoph Schonborn.
Le Gouvernorat de la Cité du Vatican émettra également deux séries de timbres comportant l’inscription «Templum divi Petri in Vaticano 1506-2006», a annoncé Mgr Vittorio Lanzani, délégué de la Fabrique de Saint Pierre. Enfin deux médailles seront produites par la Fabrique.
160 ans plus tard.
Si la première pierre de l’actuelle basilique a été posée le 18 avril 1506, les origines de l’édifice religieux sont bien plus anciennes. C’est Constantin, le premier empereur romain chrétien, qui fit d’abord construire à partir de 319 une basilique autour d’un petit monument commémoratif à l’endroit où l’apôtre Pierre aurait été martyrisé. Le bâtiment fut achevé vers 349.
Onze siècles plus tard, en 1450, la vieille basilique constantinienne menaçait de s’effondrer. Le pape Nicolas V (1447-1455) demanda alors à l’architecte toscan Bernardo Rossellino de dessiner les plans d’une nouvelle basilique. Mais c’est le pape Jules II (1503-1513) qui fit raser l’ancien édifice et demanda à Donato Bramante d’élaborer à son tour un projet. L’ensemble de la Basilique et de la place Saint-Pierre ne sera achevé qu’en 1666, sous la direction du Bernin.
Créée par le pape Jules II, simultanément aux débuts des travaux de l’actuelle basilique, la Fabrique de Saint-Pierre se charge de l’entretien et de la rénovation de l’édifice. Elle compte environ 80 membres, les ’Sanpietrini’. Interrogé sur le financement des travaux d’entretien, le cardinal Marchisano a souligné l’importance de la visite de la coupole comme principale ressource, mais aussi de fonds plus inattendus. «Nous avons un jour reçu 1500 euros de la part d’un collège anglais dont les étudiants avaient jeté des chewing-gums sur le dallage de la basilique», s’est-il souvenu. (apic/imedia/cp/pr)



