Certains pays sont trop laxistes face au divorce

Rome: Les conditions des procès de reconnaissance de nullité d’un mariage à revoir

Rome, 19 septembre 2004 (Apic) Certains pays ou certains tribunaux abusent des lois de reconnaissance de nullité de mariage, alors que d’autres pays ne disposent même pas de tribunaux pouvant rendre des jugements. Ce déséquilibre a été dénoncé par Joaquin Llobel, ordinaire de droit procédural canonique à l’Université pontificale de la Saint-Croix à Rome.

Le professeur Joaquin Llobel, juge de la cour d’appel de la Cité du Vatican et membre du tribunal de la Signature apostolique, est intervenu le 17 septembre 2004 sur les ondes de Radio Vatican. Vendredi se terminait un cours annuel destiné au personnel travaillant dans les tribunaux ecclésiastiques et chargés de rendre les sentences en matière de reconnaissance de nullité de mariage. Plus de 200 personnes originaires de 33 pays ont participé à cette formation qui s’est déroulée au sein de l’Université pontificale de la Sainte-Croix, appartenant à l’Opus Dei.

Selon Joaquin Llobel, certains pays pauvres d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie, ne possèdent pas de tribunaux ecclésiastiques. Si donc un couple de catholiques se trouve en difficulté, il n’a pas de possibilité d’obtenir une déclaration de nullité à laquelle il a droit. Pour lui, une première réforme consisterait à faire en sorte que chaque diocèse puisse offrir ce service pastoral aux fidèles.

Réformer les mentalités favorables au divorce

Dans d’autres pays, au contraire, la situation est à l’opposé, a-t-il poursuivi. Il a ainsi dénoncé «certains tribunaux – dont le mode de fonctionnement a été souvent critiqué par Jean Paul II – qui identifient la faillite d’un mariage avec sa nullité. Chaque fois qu’un mariage échoue, on pense que l’échec est lié à sa nullité». Dans ce cas, a-t-il expliqué, «ce sont les mentalités qui doivent être réformées».

Au Vatican, on affirme que dans de nombreux tribunaux – en particulier aux Etats-Unis – la reconnaissance de la nullité de mariage est trop souvent accordée au nom d’un article sur «l’immaturité» de l’une ou des deux personnes du couple. Une tendance représentative au Vatican souhaite que cet article soit explicitement restreint afin d’éviter des interprétations trop larges du texte.

Joaquin Llobel a volontiers reconnu les abus «des avocats sans scrupules» de tribunaux ecclésiastiques et des personnes fortunées souhaitant obtenir une reconnaissance de nullité «à tout prix», afin de pouvoir se marier en seconde noce à l’Eglise, souvent pour des raisons de représentation sociale. «Nous ne pouvons pas le nier, car cela est vrai», a- t-il affirmé en ajoutant qu’en Italie, un procès avec les deux sentences nécessaires coûte 700 euros, mais que les personnes qui n’en ont pas les moyens peuvent être exonérées du prix «et être aussi bien suivies que d’autres personnes qui paient leur dû». (apic/imedia/sr/be)

19 septembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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