Pour une condamnation de ces actes par Benoît XVI

Rome: Les deux grands rabbins d’Israël dénoncent les destructions de synagogue à Gaza

Rome, 15 septembre 2005 (Apic) Les deux grands rabbins d’Israël ont demandé à Benoît XVI de condamner la destruction de synagogues dans les anciennes colonies juives de la bande de Gaza. Ils ont aussi suggéré que le 28 octobre devienne un jour consacré à la lutte contre l’antisémitisme et ont renouvelé l’invitation faite au pape par Ariel Sharon à se rendre en Israël.

C’est ce qu’ont rapporté Shlomo Amar et Yona Metzger lors d’une conférence de presse donnée à Ciampino, l’aéroport de Rome le plus proche de Castel Gandolfo où ils ont rencontré le pape le 15 septembre 2005.

«Nous sommes extrêmement blessés par les incendies qui ont eu lieu dans les synagogues. Le monde doit faire entendre sa voix et plus particulièrement le pape pour condamner tout acte de cette sorte, à l’égard de tout lieu saint», a déclaré Shlomo Amar à la presse, suite à son audience privée avec Benoît XVI dans la matinée du 15 septembre. Plusieurs synagogues ont été incendiées et pillées par des Palestiniens dans la nuit du 11 au 12 septembre à la suite du retrait d’Israël de la bande de Gaza. «Le raisonnement fonctionne pour tous les lieux saints. Aujourd’hui, c’est une synagogue, demain ce sera une mosquée ou une église», a-t-il poursuivi.

«Tant que la terreur frappait à l’intérieur d’Israël, personne ne disait rien dans le monde», a ajouté le grand rabbin. «Quand elle a commencé à toucher d’autres lieux», comme New York ou Londres, «le monde a réalisé qu’il était totalement menacé par ce phénomène», a-t-il estimé. Quelques tensions entre l’Etat d’Israël et le Vatican avaient surgi fin juillet dernier, lorsque le pape avait omis de citer Israël parmi les victimes du terrorisme qu’il condamnait dans un message d’Angélus. Mais les deux grands rabbins d’Israël ont noté des «progrès dans l’attitude du Vatican sur cette question».

Durant l’audience qui avait lieu à l’occasion des quarante ans de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate, les deux grands rabbins d’Israël ont aussi demandé à Benoît XVI que le 28 octobre, jour anniversaire de la proclamation du document, soit consacré dans l’Eglise catholique à l’étude et à l’enseignement de ce texte condamnant l’antisémitisme.

Invitation à se rendre en Israël

«Le pape nous a dit qu’il chercherait à répondre de manière positive à au moins une partie de ces requêtes», a estimé à ce sujet l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège Oded Ben Hur, également présent à la conférence de presse. Il a aussi rapporté que la rencontre avait duré «entre 40 et 45 minutes» et qu’elle avait été «très intime et très chaleureuse». En outre, au cours de l’audience Shlomo Amar et Yona Metzger ont réitéré l’invitation adressée au pape par le premier ministre israélien Ariel Sharon à visiter Israël.

Membre de la délégation rencontrant le pape, le chef rabbin de Haifa Shear-Yashuv Cohen avait confié à l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, dans la soirée du 13 septembre que les grands rabbins d’Israël parleraient avec Benoît XVI du 40e anniversaire de la Constitution conciliaire Nostra Aetate et de la poursuite des échanges entre juifs et chrétiens.

De son côté, le Saint-Siège n’a pas fait de déclaration particulière concernant cette visite, mais Benoît XVI a indiqué aux grands rabbins d’Israël qu’il considérait leur visite «comme un pas ultérieur dans le processus d’approfondissement des rapports religieux entre catholiques et juifs». Commentant la situation diplomatique entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël, il a manifesté sa satisfaction quant aux «formes de coopération plus solides et stables» liant actuellement les deux Etats, tout en soulignant que «nous restons dans l’attente de l’accomplissement des Accords fondamentaux sur des questions encore ouvertes».

Négociations reprises en juillet 2004

Depuis juillet 2004, le Vatican et l’Etat d’Israël ont repris des négociations interrompues depuis 10 ans, en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier en ce qui concerne la propriété ecclésiastique, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique. De ces trois points, c’est le dernier qui n’est pas encore pleinement résolu et qui suscite des difficultés. Deux dates ont été fixées – le 22 septembre et le 6 novembre prochains – pour des négociations à ce sujet entre le Saint-Siège et Israël.

Le pape a aussi évoqué les communautés chrétiennes de Terre Sainte et les «défis toujours nouveaux» auxquels elles doivent faire face. «Que plus jamais les forces du mal puissent conquérir le pouvoir et que les générations futures, avec l’aide de Dieu, puissent être capables de construire un monde plus juste et pacifique, dans lequel tous les peuples aient des droits égaux et se sentent chez eux», a-t-il lancé.

Dans son discours, le pape a également regretté que notre attention soit «trop souvent capturée par des actes de violence et de terreur, motif d’une grande tristesse pour ceux qui» habitent la Terre Sainte. «Nous devons continuer à insister sur le fait que la religion et la paix vont de pair; la foi religieuse et sa pratique religieuse ne peuvent être séparées de l’engagement à défendre l’image de Dieu existant dans chaque être humain», a-t-il encore affirmé.

«Chers grands rabbins, en tant que chefs religieux nous sommes devant Dieu avec une grande responsabilité, celle de l’enseignement que nous donnons et des décisions que nous prenons. Le Seigneur nous assiste au service de la grande cause de la promotion de la sacralité de la vie humaine et de la tutelle de la dignité de chaque personne humaine afin que la justice et la paix puissent fleurir dans le monde», a-t-il conclu. (apic/imedia/ar/bb)

15 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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