Amélioration du marché financier et ventes immobilières
Rome: Les deux raisons du bilan économique positif du Saint-Siège
Rome, 11 juillet 2005 (Apic) Le bilan économique positif du Saint-Siège en 2004 est dû à une amélioration du marché financier et à des ventes immobilières, a commenté lundi le cardinal Sergio Sebastiani, président de la Préfecture des affaires économiques du Saint-Siège. Qui a donné des précisions sur l’ensemble des postes, à coups de chiffres.
Le bilan du Saint-Siège, au 31 décembre 2004, est positif avec plus de 3 millions d’euros de recettes. Une différence notoire par rapport à 2003, qui affichait un déficit de 9,5 millions, mais aussi par rapport à 2002, avec un trou de 13,5 millions.
Ce résultat est largement dû à une amélioration du marché financier au cours de l’année dernière et à des ventes de biens immobiliers. Ceci a permis au Saint-Siège de couvrir des dépenses globalement en augmentation et des déficits chroniques, a affirmé lundi le cardinal Sergio Sebastiani, lors de la conférence de presse de présentation des résultats financiers du Saint-Siège. C’est le premier bilan positif du Saint-Siège après trois ans.
«La bonne nouvelle du présent bilan économique est que, après trois années durant lesquelles nous avons eu un déficit, 2004 s’est conclue dans le positif. En effet, le bilan présente une avance de trésorerie de 3’081 820 millions d’euros, soit un progrès de près de 12,7 millions d’euros par rapport à l’exercice précédent», a déclaré aux journalistes le cardinal Sebastiani.
Paolo Trombetta, trésorier général du Saint-Siège a quant à lui expliqué que les bénéfices financiers dégagés par le Saint-Siège étaient en partie dus à la moindre dépréciation du dollar américain par rapport à l’euro. Il a souligné que les prévisions pour l’année 2005 sont «équilibrées».
Un important patrimoine immobilier
Aucune information n’a été donnée quant aux coûts de la période du Siège vacant, des funérailles de Jean Paul II et du conclave. C’est la Chambre apostolique qui a géré directement ces dépenses. Elles ne seront connues que lors du bilan financier de l’année 2005 qui sera publié en 2006.
L’activité financière du Saint-Siège – l’un des quatre secteurs d’activité du bilan consolidé – enregistre 6,1 millions d’euros de bénéfices en 2004 contre un déficit de 11,6 millions d’euros en 2003 – la perte était de 16,3 millions d’euros au 31 décembre 2002 -. «Cela est dû à une meilleure conjoncture des marchés financiers au cours de l’année 2004», a expliqué le «ministre des finances» du Saint-Siège. «Le coût relatif, dû aux fluctuations du cours des changes, se montait à 35,8 millions d’euros en 2003, il a été réduit à 15 millions en 2005», a poursuivi le cardinal.
«Le patrimoine mobilier du Saint-Siège est en grande partie fondé sur les accords du Latran signés en 1929 entre le Saint-Siège et l’Italie», a expliqué Paolo Trombetta. «Il s’élève à environ à 1,75 milliard d’euros en valeurs mobilières et immobilières, dont environ 1 milliard placé pour 80% en rentes et en obligations d’Etat, 20% en actions et des liquidités investies à court terme sur trois mois». Le patrimoine net existant du Saint-Siège s’élève quant à lui à environ 700 millions d’euros.
Les secteurs déficitaires
Le second poste financier à être bénéficiaire en 2004 est le secteur immobilier, il enregistre un résultat positif net de 24,9 millions d’euros, contre 22,4 millions d’euros en 2003 et 19 millions en 2002. Cela s’explique par une «plus value de quelques ventes immobilières». Les ventes effectuées par le Saint-Siège sont en majorité celles d’appartements à leur locataire. Le Saint-Siège n’a pas joué sur l’évolution du marché immobilier, estimant les appartements «à un niveau symbolique». Le cardinal Sebastiani a ainsi souligné que le Saint-Siège ne spéculait pas. Il a expliqué que le Saint-Siège effectuait des placements financiers «éthiques» et «prudents», constitués avant tout par des obligations.
Cependant, les autres secteurs du bilan consolidé restent traditionnellement déficitaires en 2004. L’activité des institutions médiatiques, à savoir le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano», «Radio Vatican», la télévision CTV ainsi que la typographie vaticane et la librairie du Saint-Siège, a ainsi enregistré en 2004 un déficit de 4,3 millions d’Euros – les dépenses passant de 41,9 millions en 2003 d’euros à 45,2 millions d’euros – . Il n’était que de 1,2 millions d’euros en 2003 et de 1,7 en 2002. La perte s’élevait à 21,6 millions d’euros en 2001.
Pour l’année 2004 comme pour la précédente, a expliqué le cardinal Sebastiani, des versements ont été effectués par «un organisme extérieur» pour réduire le lourd déficit chronique de Radio Vatican. En effet, depuis plusieurs années et sur volonté de Jean Paul II, l’Etat de la Cité du Vatican couvre une partie de la perte de ce secteur d’activité.
Dons: légère diminution
L’activité institutionnelle, qui comprend quant à elle la curie romaine et l’ensemble de ses employés, enregistre cette année une perte de 23,2 millions d’euros, perte supérieure à l’année 2003 qui a connu un déficit de 19,7 millions d’euros. En 2004, les frais de fonctionnement sont passés de 99,4 millions d’euros à 101,6 millions d’euros. La croissance du déficit est due à l’augmentation «des coûts du personnel» a commenté le prélat italien. «A partir, du 1er janvier 2004, les salaires ont connu une augmentation de 9 %, par ailleurs compensée par le moindre coût des nonciatures», a précisé le cardinal Sebastiani, soulignant que les économies dégagées par les représentations pontificales sont dues au fait qu’il n’y a pas eu de création de poste diplomatique en 2004.
En revanche, le montant total des dons des Eglises particulières et des institutions ecclésiales, en vertu du code 1271 du Droit canon, ont légèrement diminué et s’élèvent à 73,3 millions en 2004, contre 73,4 millions en 2003 et 85,4 millions en 2002, qui avait connu une augmentation exceptionnelle de 250 % par rapport à 2001. «La croissance de l’euro par rapport au dollar a réduit, dans la pratique, le montant des contributions», a expliqué le cardinal Sebastiani.
Traduit en plusieurs langues, le bilan financier du Saint-Siège pour l’année 2004 sera envoyé aux évêques et aux supérieurs généraux des ordres religieux. (apic/imedia/hy/pr)



