Rome: Les Eglises minoritaires se font entendre
Rome, 4 octobre 2001 (APIC) La manière avec laquelle les Eglises minoritaires doivent faire face à leurs problèmes a été abordée par des évêques affrontés, dans la matinée du 4 octobre. 20 évêques sont intervenus à l’occasion des débats du synode des évêques.
Mgr Alphonse Georger, évêque d’Oran en Algérie a présenté la situation de la communauté chrétienne de son pays, «fortement minoritaire». Faisant allusion aux «périodes difficiles» et aux «crises sociales» vécues dans les pays à majorité musulmane après les attentats du 11 septembre, Mgr Georger a insisté pour que les évêques de ces régions soient «patients dans la souffrance» pour devenir des «pierres sur lesquelles ceux qui sont dans l’épreuve puissent trouver appui».
Le cardinal Nasrallah Pierre Sfeir, patriarche d’Antioche des maronites dont le siège est au Liban, a pour sa part insisté sur l’importance, pour l’évêque, d’être «principe d’unité et défenseur de la cité», en particulier dans les pays où les chrétiens sont «vexés, humiliés et privés de dignité nationale». «Nous vivons dans un monde qui se fait toujours plus compliqué et dans lequel l’homme, prisonnier de ses propres interventions et surtout de ses armes sophistiquées, vit dans un climat de peur», a-t-il conclu.
«La mondialisation doit permettre aux évêques de mettre ensemble diverses cultures, religions et groupes ethniques, avec l’utilisation de l’information», a déclaré pour sa part Mgr Joseph Henry Ganda, archevêque de Freetown and Bo, au Sierra Leone. Le prélat a toutefois mis en garde les évêques contre «ce phénomène qui ne facilite pas le discernement critique et la synthèse mûre des valeurs morales».
Proposant des solutions à l’isolement des Eglises particulières minoritaires, Mgr Jozef Michalik, archevêque de Przemysl des latins en Pologne, a quant à lui demandé que «la valeur de la parole soit prise en compte». «Elle subit divers types de manipulations», a-t-il affirmé. «La vérité ne peut pas s’agenouiller devant les médias», a ajouté l’archevêque polonais, demandant aux évêques le «courage» de «dénoncer les mensonges».
La veille, durant la congrégation générale de l’après-midi, certains évêques étaient revenus sur le thème de la collégialité. Parmi eux, Mgr Patrick James Dunn, évêque d’Auckland en Nouvelle-Zélande, a demandé «le développement de nouveaux moyens efficaces pour que les Conférences épiscopales puissent exercer leurs responsabilités». Mgr Joseph Anthony Fiorenza, président de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, a pour sa part demandé que le synode débatte «de la manière dont les Eglises particulières peuvent prendre seules des décisions». (apic/imed/pr)



