Rome: Les forces armées en Irak doivent passer sous mandat onusien, estime le St-Siège
Le Vatican ne «désarme» pas dans sa recherche de la paix
Rome, 8 avril 2004 (Apic) Le Saint-Siège ne «désarme» pas dénoncer une nouvelle fois la guerre en Irak, les derniers événements sanglants, pour réclamer la paix au proche Orient. Le cardinal Renato Raffaele Martino estime que seule l’ONU peut ramener la paix en Irak . Quant à «L’Osservatore Romano» et à Radio Vatican, ils «tirent à boulet rouge» contre les artisans de la guerre.
Le Saint-Siège estime que les forces armées en Irak devraient passer sous mandat onusien. Le président du Conseil pontifical Justice et Paix explique la position du Saint-Siège à propos de l’Irak, mais aussi sur la Terre Sainte: Un Israël en paix avec tous ses voisins aurait pour conséquence de pacifier la région, estime-t-il. Quant l’organe de presse officiel du Saint-Siège, il s’oppose ouvertement à la politique irakienne du gouvernement italien. Les soldats italiens, peut-on lire, sont devenus des instruments de mort et pas seulement des ouvriers de la paix». Même son de cloche du côté de Radio Vatican, qui commentait à propos du bombardement de la mosquée de Falloujah: «L’identité religieuse de l’Islam» a ainsi été frappée, avec des effets imprévisibles.
Pour le pape et toute la diplomatie vaticane, «la présence militaire en Irak devrait changer de voie. Elle devrait devenir une force de paix, sous mandat onusien», a déclaré au journal «La Stampa», le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, le 8 avril 2004.
«Il devrait y avoir une implication de tous les pays de la région, mais aussi de la Russie, de la Chine, et surtout de tous les pays arabes, qui viendraient construire la paix», a poursuivi le cardinal Renato Raffaele Martino. «Je pense qu’un rôle particulier et déterminant devrait être donné aux pays musulmans, intégrés à une force des Nations Unies», a martelé le président du Conseil pontifical.
«Le Saint-Siège n’a pas cessé de travailler en faveur d’un retour à la stabilité et à l’ordre international grâce à la reconnaissance du rôle régulateur des organismes internationaux et particulièrement de l’ONU», a souligné le cardinal, précisant que sur la question irakienne, le pape «n’a pas failli dans sa mission».
«Si on avait écouté le pape»
«Si l’on avait écouté le pape, nous ne serions pas en train de pleurer tant de morts. Le pape a rappelé les principes moraux, mais c’est à la société civile de les appliquer, de les observer ou non», a expliqué le prélat dans son entretien au quotidien italien.
«On parle mal de l’ONU. Mais je définis l’ONU comme un miroir qui reflète l’image du monde. Si le monde est mauvais, comment l’ONU pourrait- elle être belle ?», s’est interrogé le prélat. «Le Conseil de sécurité est comme les urgences d’un hôpital. Si un patient meurt, il n’y a pas de raison de fermer tout l’hôpital, mais il faut savoir pourquoi il est mort et éventuellement améliorer les services», a expliqué le cardinal par une métaphore, rappelant la nécessité d’une réforme de l’organisation des Nations Unies.
L’ancien représentant du Saint-Siège au siège de l’ONU à New York pendant douze ans a ensuite abordé le conflit en Terre Sainte, «source de toutes les calamités au Proche-Orient». «Un Israël en paix avec tous ses voisins aurait pour conséquence de pacifier la région, de créer un climat d’accord et de collaboration, il s’agirait vraiment d’une grande puissance», a-t-il précisé. Pour le cardinal, les peuples israélien et palestinien «sont condamnés à la paix».
«On ne peut laisser la parole aux armes pour résoudre la crise»
Par ailleurs, «L’Osservatore Romano» du 8 avril 2004 souligne, «qu’on ne peut laisser seulement la parole aux armes pour résoudre la crise irakienne», expliquant que les soldats italiens de Nasiriyya sont devenus, depuis la bataille du 6 avril, «des instruments de mort et pas seulement des ouvriers de la paix». L’organe de presse officiel du Saint-Siège s’oppose ainsi à la politique irakienne du gouvernement italien. Pour le quotidien du Vatican, «les Nations Unies ont un rôle clef dans le processus de reconstruction du pays» et les gens refusent désormais les discours purement rhétoriques sur la paix.
L’organe officiel du Saint-Siège était déjà imprimé lors de la nouvelle du bombardement américain sur la mosquée de Falloujah. Le jésuite Federico Lombardi, directeur des programmes de Radio Vatican, a alors déclaré sur les ondes que «l’identité religieuse de l’Islam» était ainsi frappée, avec des effets imprévisibles, «comme le signe d’un conflit entre les civilisations et les religions, qu’il faut absolument éviter».
Amertume irakienne
Intervenant aussi sur Radio Vatican le 7 avril 2004, le Père Justo Lacunza, recteur de l’Institut pontifical des études arabes et islamiques (le Pisai), a déclaré que «les Irakiens ont le sentiment profond que leur pays est foulé aux pieds et que les forces alliées l’ont envahi avec le prétexte d’y apporter la démocratie». «Nous ne parlons que de liberté et les Irakiens parlent de souffrance et de guerre, de morts et de blessés», a- t-il conclu.
Quant à Mgr Pietro Sambi, nonce apostolique en Israël et délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine, il a exhorté les chrétiens à se rendre en Terre Sainte pour les vacances de Pâques, le 7 avril 2004. «Nous devons tous faire un effort pour donner aux peuples israélien et palestinien le grand don de la paix et la sécurité», a déclaré le diplomate du Saint-Siège en poste à Jérusalem. (apic/imedia/pr)



