Festivités du 1er au 3 septembre

Rome: Les Fraternités monastiques de Jérusalem s’installent à la Trinité-des-Monts

Rome, 1er septembre 2006 (Apic) Les Fraternités monastiques de Jérusalem prennent officiellement possession du couvent romain de la Trinité-des-Monts le 1er septembre. Pour l’arrivée de cette communauté âgée de 30 ans, plusieurs manifestations religieuses sont organisées durant trois jours à Rome en présence des membres des fraternités et des fidèles leur étant liés.

Cette installation a été conclue dans un avenant signé entre la France et le Saint-Siège le 12 juillet 2005. Créées en 1975, les Fraternités monastiques de Jérusalem succéderont ainsi à la Société du Sacré-Coeur de Jésus, présente sur le mont Pincio de Rome depuis 1828, et à l’Ordre des Minimes, qui y logeait du 15e au 17e siècle.

A l’occasion de la fondation romaine des fraternités, les Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette, en coordination avec l’Ambassade de France près le Saint-Siège, ont mis en place un programme de festivités religieuses à Rome qui durera trois jours.

Ainsi, le 1er septembre, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, préside la messe de fondation à 18h30 à la Trinité-des-Monts, dont il est le cardinal titulaire. Le 2 septembre, les membres des fraternités et les pèlerins les accompagnant se réuniront à 8h30 pour l’office des laudes, dans la crypte de la basilique vaticane, en présence de Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat de la Cité du Vatican. Après une visite des lieux marquants de Rome, les membres des fraternités se retrouveront dans la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome, pour une messe présidée à 18h30 par le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome.

Enfin, le 3 septembre à 11h, une messe sera célébrée dans l’église de la Trinité-des-Monts par le cardinal Paul Poupard, président des Conseils pontificaux de la culture et pour le dialogue interreligieux.

8e fondation des Fraternités monastiques de Jérusalem

Avec ses 12 nouveaux membres à Rome, il s’agira de la 8e fondation des Fraternités monastiques de Jérusalem, celles-ci étant présentes à Paris depuis 1975 (à Saint-Gervais – Saint-Protais), à Vézelay (1993), à Strasbourg (1995), à Florence (1998), au Mont Saint-Michel (2001), à Bruxelles (2001) et à Montréal (2004). Cet ordre, fondé il y a plus de 30 par le père Pierre-Marie Delfieux, qui en est le prieur général, est en expansion depuis lors. Il aurait ainsi d’autres projets de fondation en Europe.

Les origines des Fraternités monastiques de Jérusalem remontent au séjour du Père Pierre-Marie Delfieux à Tamanrasset, au Sahara. Ancien aumônier de la Sorbonne, il avait en effet décidé d’y vivre en ermite pendant quelque temps. Au terme de deux années dans le désert, il ressentit l’appel à fonder «dans le désert des villes» marquées par la solitude des fraternités monastiques urbaines répondant aux besoins du monde contemporain.

A son retour en France, il fonda ainsi, le 1er novembre 1975, les Fraternités monastiques de Jérusalem, avec le soutien de l’ancien archevêque de Paris, le cardinal François Marty. En 1996, le cardinal Jean-Marie Lustiger, après avoir reçu l’approbation de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, érigea les fraternités de moines et de moniales de Jérusalem en instituts religieux s’organisant et se finançant de façon autonome.

A l’appel d’évêques d’autres diocèses, plusieurs fraternités naquirent, d’abord en France (Vézelay, Strasbourg, Mont Saint-Michel), puis en Italie, en Belgique et au Canada. Outre ces sept grandes fondations, deux petites fraternités furent fondées à Magdala, en Sologne, et à Gamogna, dans les Apennins (Italie), afin d’accueillir des retraites. Des fraternités apostoliques, vivant de la même spiritualité, mais en charge d’une mission paroissiale confiée par leur évêque, furent aussi créées à Ossun, près de Lourdes et à Pistoia, en Italie.

Les Fraternités monastiques de Jérusalem forment un ordre monastique inséré dans la ville, composé d’hommes et de femmes, dont la moyenne d’âge est encore basse (aux alentours de 33 ans). Ces moines du 21e siècle ont une vie contemplative, rythmée par les trois offices de la journée: laudes le matin, prière à midi, et vêpres le soir, sans compter la messe quotidienne. La liturgie, inspirée de l’Orient et souvent chantée, est un axe fondamental de leur vie monastique.

Désert monastique au coeur des villes

Leur règle de vie est celle du ’Le livre de vie’, achevé en 1978 par le père Delfieux. Son but est de promouvoir l’esprit du désert monastique au coeur des villes. Les moines concilient ainsi la vie monastique de prière, une vie ascétique, au travail à l’extérieur, dans des bureaux ou en entreprise. Il s’agit en effet pour eux de témoigner de leur vie dans le monde contemporain, en gagnant leur vie sans pour autant rechercher le profit. Pour cette raison, ils travaillent à mi-temps.

Comme tous les religieux, les moines et moniales des fraternités font voeu de chasteté, d’obéissance et de pauvreté, quand ils s’engagent dans les Fraternités monastiques de Jérusalem. Dans cet esprit, ils ne possèdent pas les maisons et autres lieux dans lesquels ils vivent, mais les louent. Ils portent aussi l’habit monastique, en signe de leur engagement. C’est le Conseil des prieurs ou des responsables de chacune des fondations, qui veille à la fidélité au charisme de l’ordre et supervise son organisation.

En outre, la famille des Fraternités de Jérusalem compte parmi elle des Fraternités laïques, les Fraternités évangéliques de Jérusalem, ouvertes aux laïcs souhaitant vivre dans le monde de la spiritualité propre à l’ordre de Jérusalem. (apic/imedia/ar/bb)

1 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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