Ce ne sont pas les religions qui font la guerre ...
Rome: Les musulmans ont ramené la religion en Europe, soutient le cardinal Tauran
Rome, 28 novembre 2008 (Apic) Les musulmans ont fait «revenir Dieu» dans les sociétés européennes, a affirmé le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Les propos du haut prélat, qui a invité les croyants à «courir le risque» du dialogue interreligieux, ont été publiés dans L’Osservatore Romano du 27 novembre.
«Comment Dieu a-t-il fait pour revenir dans nos sociétés? C’est pour moi le grand paradoxe: grâce aux musulmans!», a ainsi lancé le cardinal Tauran lors de l’ouverture de l’année académique de la Faculté pontificale de théologie de l’Italie méridionale, à Naples. «Ce sont les musulmans qui, en Europe, en tant que minorité significative, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société», s’est félicité le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Selon le cardinal Tauran, les religions – et plus particulièrement l’islam – font aussi leur retour dans les sociétés occidentales en tant que «danger»: «le fanatisme, le fondamentalisme et le terrorisme ont été ou sont encore associés à une forme pervertie de l’islam», bien qu’il ne s’agisse «évidemment pas du véritable islam, pratiqué par la majorité des musulmans». Le haut prélat a tenu à préciser à ce sujet que ” ce ne sont pas les religions qui font la guerre, mais ceux qui les pratiquent «.
Le dialogue interreligieux: un risque à courir
Le cardinal français, ancien chef de la diplomatie vaticane, est ensuite revenu sur la conception du dialogue interreligieux auquel «nous sommes condamnés». Selon le cardinal Jean-Louis Tauran, il ne s’agit pas «d’une négociation», telle que la pratiquent les diplomates, mais bien d’un «risque à courir».
Les propos du cardinal Tauran sont diffusés par L’Osservatore Romano quelques jours à peine après la publication dans le quotidien italien Corriere della Sera d’une lettre adressée par Benoît XVI au sénateur italien Marcello Pera sur le dialogue interreligieux et dans laquelle le pape jugeait «impossible» un dialogue interreligieux «au sens strict du terme».
Dans cette lettre, qui sert de préface au livre du sénateur Pera paru le 25 novembre, intitulé «Pourquoi nous devons nous appeler chrétiens», le pape estimait que l’on ne peut pas «mettre sa propre foi entre parenthèses». En revanche, Benoît XVI encourageait un dialogue interculturel «qui approfondisse les conséquences culturelles des choix religieux». (apic/imedia/cp/bb)



