Les catholiques orientaux favorables
Rome: Les pères synodaux divisés sur la question des prêtres mariés
Rome, 9 octobre 2005 (Apic) Les pères synodaux sont apparus clairement divisés sur la question du mariage des prêtres lors de la 8e congrégation générale du Synode des évêques sur l’Eucharistie, le 7 octobre. Alors que le patriarche libanais Pierre Sfeir et l’évêque néo-zélandais Denis George Browne ont invité à ce que la question de l’ordination d’hommes mariés soit réévaluée, le préfet de la Congrégation pour le clergé, le cardinal Castrillon Hoyos, a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une solution.
Lors de son intervention, le cardinal Nasrallah Pierre Sfeir a rappelé en premier lieu que la moitié des prêtres diocésains de l’Eglise maronite libanaise sont mariés. La question de l’ordination d’hommes mariés pour pallier le manque de prêtres, a-t-il reconnu, est «un problème que personne n’ignore» et «mérite qu’on y réfléchisse sérieusement».
«Le célibat est le joyau le plus précieux dans le trésor de l’Eglise catholique», a encore affirmé le patriarche maronite, avant de se demander «comment le garder dans une atmosphère érotisée» où, dans les journaux, sur Internet, sur les affiches, dans les spectacles, «tout s’étale sans honte et ne manque pas de blesser la vertu de la chasteté». «Il va de soi que, une fois ordonné, un prêtre ne peut plus contracter de mariage», a ensuite rappelé le cardinal Sfeir sans être plus précis sur la solution que représenterait l’ordination d’hommes déjà mariés.
Le patriarche a aussi confié que «le mariage des prêtres, s’il résout un problème, en crée d’autres aussi graves». Et d’expliquer qu’un prêtre marié «a le devoir de s’occuper de sa femme et de ses enfants, leur assurer une bonne éducation, les caser socialement.». Il a aussi constaté qu’un prêtre marié peut difficilement être muté «en raison de l’impossibilité pour sa famille de se déplacer avec lui». En revanche, le cardinal Sfeir a souligné que «ces prêtres mariés ont préservé la foi du peuple dont ils ont partagé la dure vie «, et que «sans eux, cette foi aurait disparu». Le cardinal Sfeir a enfin évoqué la question de l’envoi de prêtres par des pays qui en ont beaucoup à ceux qui en manquent. Il a affirmé que ce n’était «pas une solution idéale, si l’on tient compte des traditions, des habitudes et des mentalités».
Brièvement, lors de son intervention, l’évêque d’Hamilton (Nouvelle- Zélande) a évoqué à son tour la question de l’ordination d’hommes mariés. «En tant qu’Eglise, nous avons le devoir de rechercher tous les moyens pour que l’Eucharistie soit facilement disponible pour tous les fidèles», a ainsi lancé Mgr Denis George Brown, président de la Conférence épiscopale d’Océanie. Il a appelé ses collègues évêques à «rester ouverts aux questions que (leur) posent (les) fidèles». Et de citer une question en exemple : ’Pourquoi semble-t-il possible pour d’anciens prêtres mariés de la Communion anglicane d’être ordonnés et de devenir des prêtres catholiques, alors que d’anciens prêtres catholiques dispensés de leur voeu de célibat ne sont pas autorisés à remplir des fonctions pastorales?’».
La «richesse» du célibat
Le cardinal Dario Castrillon Hoyos leur a apporté une réponse lors de son intervention. Le préfet de la Congrégation pour le clergé a, lui aussi, évoqué la «richesse» du célibat, affirmant que, «dans le cadre de la culture sexuelle actuelle, le mariage des prêtres ne constituerait ni une garantie ni une sécurité face aux problèmes d’ordre moral qui touchent certains d’entre eux». Ainsi, il a souhaité que Benoît XVI donne aux évêques «la force d’apprécier toujours plus dans notre Eglise le don inestimable du célibat et barre la route à de fausses attentes qui peuvent créer inquiétude et confusion».
«Le peuple catholique sait-il vraiment ce qu’est l’Eucharistie ?», s’est aussi interrogé le cardinal colombien en poste à Rome. Il a alors dénoncé pêle-mêle «la faible participation à l’Eucharistie dominicale, la disparition des associations de culte eucharistique, le manque de cohérence de nombreuses personnes entre leur pratique eucharistique et leur vie, l’habitude généralisée de communier sans s’être confessé, la pratique du sacrement de la part de divorcés-remariés et des personnes violentes». Le cardinal Castrillon Hoyos a alors déclaré que «les abus offusquent la richesse de la réforme liturgique» et affirmé que «la dignité du rite exclut la superficialité, la banalisation du sacré». (apic/imedia/ami/be)



