Conférence de presse du ministre israélien Haim Ramon
Rome: Les préparatifs du voyage du pape en Terre Sainte
Rome, 10 mars 2000 (APIC) La sécurité de Jean Paul II en Israël, l’éventualité de son passage près de Jéricho, et les efforts pour que son voyage en Terre Sainte ne soit pas politisé, ont été les principales questions abordées à Rome vendredi par le ministre israélien Haim Ramon, chargé du département pour les Affaires de Jérusalem et responsable du voyage du pape en Israël.
«Nous ferons tout pour assurer la sécurité du pape dans les lieux qui sont sous notre responsabilité», a assuré Haim Ramon lors d’une conférence de presse, alors qu’il venait de rencontrer Jean Paul II dans la matinée, en se rendant au Vatican pour régler les «derniers détails» de son voyage.
D’après le ministre, il est prévu que 5’000 policiers seront à Jérusalem autour de Jean Paul II, 5’000 autres en Galilée lors qu’il s’y rendra le vendredi 24 mars, et 5’000 autres encore à Nazareth le samedi 25 mars, en dépit du fait que la fête de l’Annonciation que le pape y célébrera ce jour-là tombe pour les juifs un jour de sabbat.
«Ces visites sont très compliquées à organiser, a insisté le ministre, parce que le pape se rend dans des endroits où il y a souvent des tensions, et que beaucoup de gens veulent le rencontrer. Nous ferons tout pour que les mesures de sécurité ne le gênent pas, mais s’il arrive quelque chose, on nous reprochera toujours de ne pas en avoir prévues suffisamment».
Outre les policiers chargés de la sécurité de Jean Paul II, d’autres veilleront à celle des foules qui voudront le voir et à celle des 2’000 à 3’000 journalistes du monde entier qui viendront couvrir l’événement.
En coopération avec les autorités palestiniennes
La préparation de la venue du pape se fait en partie en coopération avec les autorités palestiniennes, a encore indiqué Haim Ramon, notamment son déplacement en hélicoptère vers Bethléem dans les Territoires autonomes palestiniens – le mercredi 22 mars, et sa visite au grand mufti de Jérusalem, dont le bureau se trouve sur «l’esplanade du Temple» qui appartient aux musulmans.
Par ailleurs, le gouvernement israélien agit de concert avec l’organisation des Eglises locales. «Nous avons pris la responsabilité de la préparation du site où le pape célébrera la messe en présence de quelque 100’000 personnes le vendredi 24 mars sur le Mont des Béatitudes, a expliqué le ministre israélien, parce que nous nous sommes rendus compte que sans notre aide rien ne serait prêt». Ainsi, le gouvernement a consacré quatre millions de
dollars pour les installations nécessaires à la cérémonie, sur les sept millions de dollars dépensés en vue de cette visite uniquement en infrastructures.
La question de la présence du pape à Jéricho pas encore réglée
Haim Ramon a par ailleurs évoqué lors de cette conférence de presse l’éventualité du passage de JeanPaul II près de Jéricho, au site d’Al-Maghtas, au bord du Jourdain, là où selon la tradition, le Christ a été baptisé par Jean-Baptiste. La visite de ce site par le pape reste un sujet de discussion avec le Saint-Siège, a-t-il indiqué. En effet, si la ville de Jéricho même est sous le contrôle palestinien, l’endroit en question est actuellement sous contrôle israélien, mais fait partie des négociations en cours entre les deux parties. «Cette visite pose donc des problèmes tant de sécurité que de politique», a souligné Haim Ramon. «Si elle s’avère finalement possible, elle se fera dans la plus grande discrétion».
«Nous n’attendons pas de profits politiques de cette visite, et nous demandons aux Palestiniens de faire de même, parce que nous voulons absolument distinguer nos problèmes politiques de cette visite qui doit être un pèlerinage», a enfin assuré Haim Ramon, en précisant que Jean Paul II avait lui-même beaucoup insisté sur ce point en le recevant le matin même.
«Il n’est pas facile de faire cette distinction, mais nous faisons de notre mieux», a-t-il affirmé. «Le but est qu’elle améliore les relations entre les Palestiniens et nous, et non pas le contraire».
Pour la réconciliation des peuples
D’après Haim Ramon, la population en Israël accueillera le pape «très chaleureusement et avec amitié». «Nous apprécions beaucoup le rôle de Jean Paul II pour la réconciliation entre chrétiens et juifs et son combat contre l’antisémitisme», a-t-il conclu. «J’espère que cette visite, très importante au plan religieux et spirituel, favorisera la réconciliation entre les peuples, les nations et les religions au Moyen-Orient, et sera une preuve de nos efforts pour faire avancer le processus de paix entre Israël, la Syrie, le Liban et les Palestiniens». «Nous faisons tout pour que cette visite que nous considérons comme historique soit un succès». (apic/imed/ba)




