Le pape souhaite une Europe fidèle à ses racines chrétiennes
Rome: Les présidents bulgare et macédonien reçus en audience par Benoît XVI
Rome, 22 mai 2009 (Apic) Benoît XVI a reçu successivement au Vatican le président de la République de Bulgarie, Georgi Parvanov, et le président de la République de Macédoine, Gjorgji Ivanov, dans la matinée du 22 mai.
Au cours de ces deux brèves audiences, le pape a invité Bulgares et Macédoniens à suivre l’exemple des saints Cyrille et Méthode, proclamés co-patrons de l’Europe par Jean Paul II, en vue de construire une Europe pacifiée et fidèle à ses racines chrétiennes.
Devant le président bulgare et les membres de sa délégation, deux jours avant la fête de ces 2 saints vénérés à la fois par les catholiques et les orthodoxes, Benoît XVI a ainsi d’abord souhaité que «la Bulgarie (…) contribue efficacement à construire une Europe qui demeure fidèle à ses racines chrétiennes».
S’exprimant en français, le pape a rappelé que les «racines spirituelles» de la Bulgarie «plongent dans la prédication» des deux co-patrons de l’Europe, dont il a salué «l’oeuvre évangélique et sociale».
«Leur héritage spirituel a marqué la vie des peuples slaves, a encore affirmé Benoît XVI, leur exemple a soutenu le témoignage et la fidélité d’innombrables chrétiens qui, au long des siècles, ont consacré leur existence à la diffusion du message du salut, oeuvrant en même temps à la construction d’une société juste et solidaire».
La Vierge à trois mains
Le chef de l’Etat bulgare était accompagné d’une délégation de 22 personnes, dont sa femme, le ministre de la culture et l’ambassadeur de Bulgarie près le Saint-Siège, Valentin Bozhilov. Le président a remis au pape la copie d’une icône conservée dans un monastère bulgare, représentant une Vierge à trois mains, une reproduction en métal d’une petite église bulgare et 2 livres. Benoît XVI lui a remis pour sa part une médaille de son pontificat.
Après cette audience, Georgi Parvanov devait ensuite rencontrer le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, puis se rendre dans la crypte abritant le tombeau de Jean Paul II sous la basilique Saint-Pierre.
Quelques minutes après le président bulgare, c’était au tour de Gjorgji Ivanov, président de la République de Macédoine, d’être reçu par le pape. Là encore, Benoît XVI et son hôte se sont brièvement entretenus au centre de la bibliothèque, avec l’aide d’une traductrice et devant quelques journalistes. Puis, le pape, assis, a prononcé un discours en anglais, se disant touché par cette visite de la part d’une délégation macédonienne, «qui est déjà devenue une tradition» à l’approche de la fête des saints Cyrille et Méthode.
La paix pour tous en Europe
La Macédoine, aux yeux du pape, doit continuer à «chercher à devenir toujours plus un lieu de rencontre et de dialogue pacifique entre les nombreuses sphères sociales et religieuses du pays». C’est ainsi que les chrétiens peuvent contribuer à «la construction d’une Europe du 3e millénaire qui aspire à un avenir de progrès, de justice et de paix pour tous».
Pour cette audience, Gjorgji Ivanov était accompagné de deux délégations, religieuse et politique, soit une vingtaine de personnes au total. Durant la cérémonie d’échange des cadeaux, le président a remis à Benoît XVI un bas-relief en bois représentant saint Matthieu.
C’est de la Bulgarie que partirent les frères Cyrille et Méthode – morts dans la deuxième moitié du 9e siècle -, pour prêcher le christianisme en grande Moravie – l’actuelle République Tchèque et la Slovaquie -, dans les Balkans et en Russie. Ils traduisirent la liturgie et les Ecritures en ’vieux slavé, qui devint par la suite la base du slave ecclésiastique, la langue liturgique des orthodoxes et des catholiques de rite oriental. Les deux saints ont été proclamés co-patrons de l’Europe par Jean-Paul II le 31 décembre 1980.
Les catholiques bulgares représentent moins de 1 % de la population. Les orthodoxes sont largement majoritaires – 87 % -, suivis par les musulmans – 9 %. Les orthodoxes sont majoritaires en Macédoine (65 % de la population), suivis des musulmans (33 %). Les catholiques constituent une très petite minorité. (apic/imedia/cp/ami/pr)



