Les séminaires devraient y prêter attention
Rome: Les prêtres devraient s’intéresser davantage au latin, estime le cardinal Arinze
Rome, 21 décembre 2006 (Apic) Les prêtres devraient s’intéresser davantage au latin, estime le cardinal Francis Arinze. Le latin n’est pas une langue dépassée, selon le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements qui s’exprimait lors de la Conférence liturgique Gateway, à St-Louis, dans l’Etat américain du Missouri.
Les prêtres devraient également célébrer une messe en latin de temps en temps, a ainsi déclaré le cardinal nigérian lors de son allocution devant les membres de la «Gateway Liturgical Conference» intitulée «Language in the roman rite liturgy: latin and vernacular». Les propos de cette conférence, tenue en novembre dernier, ont été cités le 20 décembre par l’agence missionnaire Fides à Rome. Si «la langue n’est pas tout», elle est selon lui l’un des éléments les plus importants pour de bonnes célébrations qui soient belles et riches de foi.
Si tout le monde ne connaît pas le latin, a reconnu le cardinal, les fidèles laïcs pourraient au moins apprendre les réponses les plus simples en latin. Le latin est pour beaucoup une langue morte et ignorée de la jeune génération, mais le prélat africain estime que dans les grandes églises, où de nombreuses messes sont célébrées le dimanche ou durant les jours de fête, on pourrait faire un effort.
«Pourquoi ne pas célébrer l’une de ces messes en latin ?», s’est-il ainsi interrogé. «Dans les paroisses rurales, une messe latine devrait être possible, disons une fois par mois». Pour le prélat qui vit à Rome, dans les assemblées internationales, «le latin devient encore plus urgent». De l’avis du préfet du dicastère en charge de la liturgie, les séminaires devraient y prêter attention et préparer à former les prêtres aussi à l’usage du latin.
Le rite romain a le latin comme langue officielle, a-t-il insisté, et il serait à son avis superficiel de considérer l’attention à la langue traditionnelle «comme quelque chose d’ésotérique, d’étrange ou de dépassé, de vieux ou de médiéval». Et d’affirmer que dans les questions religieuses, les personnes tendent à conserver ce qu’elles ont reçu depuis les origines, la façon avec laquelle leurs prédécesseurs ont articulé leur propre religion et prié.
Le cardinal Arinze a aussi voulu démentir l’impression que le Concile Vatican II a découragé l’usage du latin dans la liturgie. «Il n’en est pas ainsi. A peine avant d’ouvrir le Concile, le bienheureux Jean XXIII, en 1962, écrivit une Constitution apostolique pour insister sur l’usage du latin dans l’Eglise», a-t-il rappelé. Le Concile, s’il a admis une certaine introduction de la langue vernaculaire, insista sur la place du latin, a-t-il encore précisé.
«La langue juste pour une Eglise qui est universelle»
Le latin est à ses yeux «la langue juste pour une Eglise qui est universelle, une Eglise dans laquelle tous les peuples, toutes les langues et les cultures devraient se sentir chez elles», et où personne ne doit être considéré comme étranger, a renchéri le haut prélat. En outre, d’après lui, la langue latine a une certaine stabilité que les langues parlées quotidiennement, dans lesquelles les mots changent souvent de nuance ou de sens, ne peuvent pas avoir.
«Le latin a la caractéristique de posséder des mots et des expressions qui maintiennent leur sens de génération en génération», a insisté le cardinal Arinze. C’est un avantage quand il s’agit d’articuler la foi catholique et de préparer des documents pontificaux ou d’autres textes de l’Eglise. Et d’affirmer que le latin est concis, précis et poétiquement mesuré. «N’est-il pas admirable que des personnes, particulièrement les clercs, si bien formés, puissent se rencontrer à des réunions internationales et être capables de communiquer entre eux au moins en latin «, a-t-il conclu. (apic/imedia/ar/be)




