Une analyse du porte-parole Joaquin Navarro-Valls

Rome: Les priorités pastorales de Benoît XVI sont différentes de celles de Jean Paul II

Rome, 3 janvier 2006 (Apic) Chaque pape est «dépendant de son temps, de ses exigences et des besoins spirituels de son temps», a estimé Joaquin Navarro-Valls sur les ondes de Radio Vatican, le 31 décembre 2005. Interrogé sur un bilan de l’année écoulée, le directeur de la Salle de presse – que l’on pressent sur le départ – a entrevu des différences «dans les priorités pastorales» de Jean Paul II et de Benoît XVI.

Joaquin Navarro-Valls est depuis plus de vingt ans directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Après l’élection de Benoît XVI, il s’est mis à la disposition du nouveau pape qui l’a reconduit dans ses fonctions. Mais, âgé de 68 ans, le journaliste et médecin espagnol souhaiterait les quitter, affirme-t-on au Vatican. L’âge officiel de la retraite pour les laïcs travaillant auprès du Saint-Siège est de 65 ans, sauf exceptions.

«Naturellement il y a une différence dans le style, dans les personnalités, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège sur les ondes de la radio vaticane, et peut-être y a-t-il aussi – et il y aura – des changements dans les priorités pastorales».

Pour le journaliste espagnol, chaque pape est aussi un peu dépendant de son temps, de ses exigences, des besoins spirituels de son temps. Mais au-delà des différences entre les deux papes, Joaquin Navarro-Valls a estimé qu’aux réactions des personnes durant les JMJ de Cologne, en grande partie des jeunes et des femmes, on pouvait voir la théologie du pontificat. «C’est-à-dire: une paternité universelle d’un pape, l’unité de l’enseignement catholique à travers le temps transféré d’une personne à une autre».

L’intensité des jours suivant la mort de Jean Paul II

Interrogé sur les moments les plus marquants qu’il avait vécus durant l’année 2005, le directeur de la Salle de presse vaticane a évoqué les jours suivant la mort de Jean Paul II. «Il n’y avait pas seulement les masses, le grand nombre de personnes rassemblées place Saint-Pierre», mais aussi «l’intensité que l’on pouvait observer d’elles, avec laquelle elles devenaient conscientes qu’elles vivaient un instant religieux».

Avoir suivi chaque moment des derniers jours de Jean Paul II «m’a rejoint au plus profond de moi-même», a par ailleurs rapporté Joaquin Navarro-Valls. Et aussi les jours suivants, les contacts avec le doyen du collège cardinalice, l’alors cardinal Ratzinger, et ensuite – comme pour tous – la surprise d’entendre ce nom comme celui du nouveau pape.

«Naturellement j’ai suivi tous les résultats avec une grande sympathie qui, derrière le travail d’information que le bureau de presse effectue, doit se retirer de façon déterminante», a cependant précisé le directeur de la Salle de presse. Et d’ajouter que «seulement après les événements», il avait «pu réfléchir un peu». Car «dans ces jours de travail intensif, il n’y avait pas de place et de temps pour repenser à ce qui s’était passé et à ce qu’on devait partager».

«El Confidencial Digital», le journal en ligne espagnol basé à Madrid, a rapporté le 2 janvier 2006 que l’actuel directeur de la Salle de presse du Saint-Siège devrait quitter ses fonctions dans les prochains mois, certainement d’ici l’été 2006. Au Vatican, des rumeurs circulent quant à des changements dans l’organisation des médias, notamment en lien avec le Conseil pontifical pour les communications sociales.

Premier laïc à occuper le poste de porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls était correspondant du quotidien national espagnol ABC, avant d’être nommé au Vatican le 4 décembre 1984. L’Espagnol membre de l’Opus Dei parle les langues anglaise, française et italienne et est l’auteur de plusieurs livres. (apic/imedia/ar/be)

3 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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