Respecter la liberté de parole des participants
Rome: Les propos des pères synodaux tenus durant le débat libre ne sont plus diffusés
Rome, 5 octobre 2005 (Apic) Les cinq responsables de l’information nommés pour rapporter à la presse le déroulement des séances à huis-clos du Synode des évêques sur l’Eucharistie ont décidé de ne plus livrer les propos tenus par les pères synodaux au cours de l’heure quotidienne d’interventions libres. C’est ce que le Père Giorgio Costantino, chargé de relater les débats en langue italienne, a rapporté le 5 octobre.
Avec ses collègues de langue française, espagnole, anglaise et allemande, ils ont pris cette décision de leur propre initiative suite aux articles de presse rapportant entre guillemets des propos tenus par les pères synodaux. Ils tiennent à ce que soit respectée la liberté de parole des participants au Synode. Désormais, ils rapporteront uniquement le thème de chaque intervention.
Le 4 octobre au soir, au cours de l’heure de débat libre instaurée par Benoît XVI, 10 pères synodaux avaient préparé leur intervention de trois minutes maximum à l’écrit et d’autres sont intervenus sans avoir préparé de notes. Le pape n’a pas assisté à cet exercice, ni à la congrégation générale précédente.
Communion dans la main: attention aux vols d’hosties
Ainsi, au cours des interventions libres, l’archevêque de Riga, Janis Pujats a abordé les règles liturgiques. Il a souligné que tourner l’autel vers l’assistance – une réforme introduite par le Concile Vatican II – n’est pas une obligation. Quant à Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque de Karaganda au Kazakhstan, il est intervenu sur la distribution de la communion dans la main des fidèles. Selon lui, cette pratique peut permettre le vol des hosties pour servir à des rites sataniques. Donner la communion dans la main des fidèles peut aussi être considéré dans certains pays, a expliqué le prélat, comme un manque de sacralité. Au contraire, le patriarche greco-melkite d’Antioche, Grégoire III Laham – pour sa seconde intervention lors d’un débat libre – s’est déclaré en faveur de la distribution de la communion dans la main des fidèles.
Quant au cardinal Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, il a estimé que la «communion spirituelle» pourrait aider à résoudre beaucoup de problèmes, en particulier dans les cas de divorcés- remariés.
Dans la matinée du 5 octobre, les pères synodaux se sont retrouvés en cercles restreints linguistiques, appelés ’carrefours’. Il en existe trois pour la langue française. Le premier compte 20 évêques, 3 experts et 2 auditeurs dont le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome et président de la Conférence épiscopale italienne et Mgr Bruno Forte, évêque de Chieti en Italie. Le second carrefour francophone compte 19 évêques, trois experts et une auditrice. Le cardinal Ignace Moussa I Daoud, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, y participait. Le troisième et dernier carrefour en langue française compte aussi 19 évêques, trois experts et un auditeur. Le cardinal Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale et Mgr Michael Fitzgerald, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter religieux, y participaient. Ces cercles restreints n’ont pas de thème prédéfini. Les discussions y sont libres et permettront de faire remonter à l’assemblée des pères synodaux les questions majeures. (apic/imedia/hy/bb)



