23 pères synodaux à la tribune

Rome: Les sectes et la confusion historique menacent la Parole de Dieu, souligne le Synode

Rome, 7 octobre 2008 (Apic) 23 pères synodaux ont pris la parole pour commenter l’Instrumentum laboris, le document de travail préparatoire de cette assemblée synodale, lors de la 3e Congrégation générale du Synode sur la Parole de Dieu au Vatican, dans la matinée du 7 octobre.

Parmi eux, l’archevêque de Kinshasa (République démocratique du Congo), Mgr Laurent Monsengwo, a fait part de l’inquiétude de l’Eglise devant le nombre grandissant de sectes.

Quant à l’archevêque de Budapest (Hongrie), le cardinal Peter Erdö, il a mis en garde contre «l’interprétation arbitraire» de la Parole de Dieu qu’entraîne l’absence de recherche de la vérité historique.

Devant près de 250 pères synodaux ainsi que les auditeurs et les experts du Synode, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, est ainsi intervenu sur «l’interprétation des Ecritures et les sectes». «La prolifération cancéreuse des sectes de tous genres et aux motivations les plus diverses a de quoi inquiéter les pasteurs de l’Eglise», a alors affirmé l’évêque congolais avant de noter que «leur doctrine est généralement basée sur une interprétation fondamentaliste de l’Ecriture sainte».

Sans concession, l’archevêque de Kinshasa a en outre énuméré quelques éléments du «profil» de «plusieurs sectes actuelles» : «conduite douteuse, blasphème contre la vérité, cupidité, paroles trompeuses, trafic d’influence». Profitant d’un tissu économique et social désagrégé, les sectes prospèrent en Afrique, en particulier dans le golfe du Bénin et en Afrique centrale.

Mgr Monsengwo a souhaité rappeler les critères qui déterminent l’interprétation des Ecritures comme «l’Esprit saint, la tradition apostolique, la communion avec le corps de l’Eglise, la confession de la foi, la cohérence». «Ces critères nous protègent d’une interprétation fondamentaliste et subjective de la Parole», a expliqué le secrétaire général du Synode avant d’inviter cette assemblée à les réaffirmer.

De nombreux autres pères synodaux comme l’évêque de Bilbao (Espagne), ou celui de Tucson (Etats-Unis), ont évoqué quant à eux «la médiocrité de certaines homélies qui font que les chrétiens désertent les églises et rejoignent les sectes», a rapporté un attaché de presse du Synode. Certains ont alors insisté sur la formation des prêtres à la prédication et l’archevêque de Canberra (Australie), ainsi que l’archevêque de Chicago (Etats-Unis), ont souhaité la création d’un «guide d’homélitique».

Au-delà de la menace des sectes, l’archevêque de Budapest (Hongrie), le cardinal Peter Erdö, a pour sa part mis en garde devant la disparition progressive de «la recherche de la vérité historique». «Les risques d’une interprétation arbitraire» de la Bible, a-t-il alors expliqué, «sont particulièrement grands». «Les publications plus sensationnelles que scientifiques peuvent créer une grande confusion y compris dans la pensée des fidèles et, parfois même, des prêtres», a regretté le cardinal hongrois avant de donner l’exemple du texte apocryphe de l’Evangile de Judas.

«Il semble que nombreux sont ceux qui ne jugent pas nécessaire de chercher la vérité historique car ils raisonnent de manière subjective et subjectiviste jusque sur l’Histoire», a encore regretté le cardinal Erdö.

Le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège des cardinaux, a quant à lui émis deux souhaits pour les travaux du Synode. Il a ainsi invité à ne pas réduire la Parole de Dieu aux textes bibliques en tenant compte de la tradition orale de l’Eglise et à ne pas séparer le ministère des évêques de celui des prêtres dans la prédication de l’Evangile.

Quant au cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, il a invité à «tout lire» dans la Bible, s’interrogeant sur «certaines absences» dans les lectures proposées aux fidèles lors de la messe. «Cela est dû à des peurs infondées qu’il faut dénoncer», a alors expliqué le haut prélat français. Son collègue archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, est pour sa part intervenu sur le thème «Ecriture et théologie», affirmant entre autres que «le sens des Ecritures est théologique» et que «la théologie est la recherche du sens des Ecritures». (apic/imedia/ami/pr)

7 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!