Rome: Les trois frères De Nicolo évêques

Rome, 25 mai 2008 (Apic) Le pape a élevé à la dignité épiscopale Mgr Paolo De Nicolo, régent de la Préfecture de la Maison pontificale. Le ’numéro deux’ de la Préfecture de la Maison pontificale pourrait bientôt être nommé à la tête d’un évêché. La décision de Benoît XVI fait que les trois frères de la famille De Nicolo sont désormais évêques. Mariano est évêque émérite de Rimini (Italie) et Pier Giacomo, ancien nonce apostolique en Suisse, en retraite depuis 2004, est actuellement membre de la Congrégation pour la cause des saints et de la Congrégation pour les évêques. (paic/imedia/hy/bb)

Tunisie: Inquiétante montée en puissance de l’extrémisme religieux

La liberté religieuse est mise en danger

Tunis, 25 mai 2008 (Apic) La tolérance religieuse est menacée en Tunisie, l’un des rares pays arabes où la liberté et la tolérance religieuses sont inscrites dans la Constitution. Or, l’extrémiste islamique qui s’y développe met en cause cette option des fondateurs de l’état moderne, a rapporté le quotidien marocain «Libération», publié à Casablanca.

Dans ce pays d’Afrique du Nord, les synagogues juives et les églises chrétiennes côtoient les mosquées. Les minorités, juive et chrétienne, pratiquent librement leurs cultes religieux. Une tolérance religieuse assurée par la Constitution qui garantit «l’inviolabilité de la personne humaine, la liberté de conscience». Elle protège aussi le «libre exercice des cultes». Mais la montée en puissance du fondamentalisme musulman dans les pays arabes, depuis une dizaine d’années, met en péril ces acquis.

Cette menace est d’autant plus réelle que, selon des estimations non officielles, des dizaines de jeunes Tunisiens ont rallié les zones de combat en Afghanistan, en Tchétchénie, en Bosnie ou en Irak. A l’intérieur même du pays, les «kamis» (robe afghane) ont fait, timidement, leur apparition dans les villes tunisiennes depuis quelques années, en signe d’approbation pour ces idées extrémistes. Chez les femmes, les voiles islamiques commencent à prendre la place du «safsari» tunisien traditionnel.

Ce changement inquiète nombre de Tunisiens, car il touche à la base de leur société, fondée sur la diversité religieuse et sur une législation – presque – laïque. Deux principes attaqués par les musulmans radicaux qui les considèrent comme incompatibles avec l’islam.

Pour ces intégristes musulmans, issus de tous les pays arabes, il n’y a qu’en Tunisie qu’il y a encore des communautés juive et chrétienne en grand nombre. Les juifs qui sont près de 6’000, vivent dans l’île de Djerba. Les chrétiens sont évalués à plus de 20’000 fidèles catholiques, protestants et grecs orthodoxes. Ils partagent tous un respect mutuel de la culture et des rites, à tel point que les musulmans tunisiens assistent régulièrement aux fêtes chrétiennes et juives, surtout Noël et le pèlerinage judaïque à la Gheriba (Djerba).

La politique d’ouverture, libérale et tolérante religieuses en Tunisie concerne aussi le statut de la femme. Le premier président, Habib Bourguiba, fondateur de l’Etat moderne, a promulgué en 1956 déjà un Code de statut personnel (CSP). Cette loi est l’unique législation dans les pays arabes instituant la monogamie. Il a été renforcé par l’actuel président Zine El Abidine Ben Ali. Toutes ces dispositions font également de la Tunisie l’un des rares pays au monde où il n’y a pas de mariage religieux. Seule une autorité civile peut proclamer le mariage, même s’il se déroule, parfois, dans une mosquée. IBC

La lutte contre l’intégrisme musulman en Tunisie

Pour beaucoup de Tunisiens, il est hors de question de perdre face à la montée d’un islamisme radical qui se sert des programmes satellitaires pour condamner la liberté de culte et la présence de touristes non musulmans en Tunisie, ainsi que pour appeler à mettre un terme aux lois laïques.

La société civile défend la «modernité sociale et la tolérance». Les universités organisent souvent des colloques, conférences ou séminaires sur la coexistence des religions et le respect de la différence culturelle. Des dizaines de pétitions ont circulé ces derniers temps pour réaffirmer l’attachement des Tunisiens aux acquis sur la place de la femme en Tunisie ont appelé à les renforcer.

De son côté, le pouvoir politique a adopté une attitude de fermeté contre le fanatisme musulman dite du «tout sécuritaire». Il a suspendu toutes les activités et revues qui risquent de se faire noyauter par les intégristes, interdit les manifestations religieuses, du genre de ceux des cercles d’explication de l’Islam et des paroles du Prophète Mahomet. Le régime a aussi limité l’utilisation des mosquées aux seules cinq prières quotidiennes, et écarté des prêches du vendredi, les imams soupçonnés d’appartenir aux intégristes. Sur le plan vestimentaire, il a interdit aux femmes de porter le voile dans les établissements scolaires, universitaires et administratifs.

Les intégristes se considèrent comme «victimes»

Les défenseurs des droits de l’homme critiquent ces mesures coercitives, faisant remarquer qu’elles font la part belle à l’arbitraire, et font peu cas de la liberté individuelle de culte. En plus, elles permettent aux intégristes de se considérer comme «victimes». Ce qui peut renforcer le sentiment d’injustice et, du coup, leur attirer la sympathie des jeunes en quête d’identité ou d’opposition. Bref, ces mesures ne font que contrecarrer, de manière apparente, la montée du phénomène.

La lutte contre le fondamentalisme religieux doit plutôt être basée sur un argumentaire de fond religieux tolérant, estimes les organisations de lutte pour les droits humains. C’est la seule manière d’éradiquer les ramifications de l’intégrisme dans la société tunisienne. Il faut exploiter la modération de l’islam malékite et puiser dans la culture populaire tolérante pour clamer la coexistence pacifique de toutes les couches sociales et le respect de l’Autre dans la différence, ont-elles estimé. Car, selon elles, la Tunisie a toujours été un «carrefour des civilisations». Une «richesse culturelle» qui aiderait à favoriser la cohabitation de toutes les cultures et religions dans le respect mutuel. (apic/ibc/bb)

25 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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