Benoît XVI visite l’Université catholique du Sacré-Coeur
Rome: Les universités catholiques invitées à aller à contre-courant de la pensée dominante
Rome, 25 novembre 2005 (Apic) Les universités catholiques sont invitées à aller à contre-courant de la pensée dominante. C’est ce qu’a demandé le pape Benoît XVI lors de sa visite à l’Université catholique du Sacré-Coeur, à Rome, le 25 novembre en fin de matinée.
Visitant vendredi l’Université du Sacré-Coeur, à Rome, Benoît XVI a invité les universités catholiques à confronter foi et raison et à se baser sur une rationalité différente de celle qui domine largement. Inaugurant l’année académique de cette université catholique, le pape a aussi évoqué les nombreux passages de son prédécesseur à la polyclinique universitaire «Gemelli», toute proche.
S’exprimant devant les professeurs du Sacré-Coeur, Benoît XVI a souhaité définir le grand défi des Universités catholiques: «faire des sciences dans l’horizon d’une rationalité différente de celle qui domine largement, selon une raison ouverte au transcendant, à Dieu». Le pape a affirmé que «conjuguer foi et science» était une aventure enthousiasmante, permettant de découvrir l’unité intrinsèque qui relie les diverses branches du savoir: la théologie, la philosophie, la médecine, l’économie, toutes les disciplines jusqu’aux technologies les plus spécialisées, «car tout est lié».
Le pape déplore certains courants de la philosophie moderne
L’université catholique, a expliqué le pape, est un grand laboratoire dans lequel, selon les différentes disciplines, des nouveaux parcours de recherche sont élaborés, dans une confrontation stimulante entre foi et raison qui vise à récupérer la synthèse harmonieuse rejointe par Thomas d’Aquin et d’autres ’grands’ de la pensée chrétienne, «une synthèse malheureusement contestée par des courants de la philosophie moderne».
Benoît XVI a ainsi regretté que les questions fondamentales de l’homme – comment vivre et comment mourir – semblent exclues du domaine de la raison et laissées à la sphère de la subjectivité. Le souverain pontife a ensuite relevé que dans le vaste océan de la culture, «le Christ a toujours besoin de ’pêcheurs d’hommes’, c’est-à-dire des personnes de conscience et bien préparées qui mettent leurs compétences professionnelles au service du royaume de Dieu».
Benoît XVI a aussi évoqué les liens qui unissaient son prédécesseur, Jean Paul II, avec la Faculté de médecine du Sacré-Coeur et la polyclinique universitaire Gemelli. C’est là que Jean Paul II avait été hospitalisé 8 fois au cours de son pontificat, dont à deux reprises en février et mars 2005 avant de mourir début avril au Vatican. «Nous ne pouvons pas ne pas penser aux moments chargés de trépidation et d’émotion que nous avons vécus lors des dernières hospitalisations de Jean Paul II dans cette polyclinique», a ainsi lancé Benoît XVI, affirmant que, «ces jours-là, la pensée des catholiques du monde entier, et pas seulement la leur, était tournée vers le Gemelli».
Depuis sa chambre d’hôpital, le pape a offert à tous un enseignement incomparable sur le sens chrétien de la vie et de la souffrance, témoignant lui-même de la vérité du message chrétien, a encore affirmé Benoît XVI à propos de Jean Paul II. Lors de la visite de Jean Paul II, en 2000, l’Université de médecine du Sacré-Coeur avait présenté le nouvel ’Institut scientifique international Paul VI de recherche sur la fertilité et l’infertilité humaine pour une procréation responsable’. A son tour, Benoît XVI a salué le travail de cet Institut et souhaité qu’il soit «un exemple éloquent de la synthèse entre vérité et amour qui constitue le centre vital de la culture catholique». AMI/JB
Encadré
42’000 étudiants à l’Université du Sacré-Coeur
A Rome, l’Université catholique du Sacré-Coeur est située dans les structures de l’hôpital Gemelli, du nom Père franciscain Agostino Gemelli (1878-1959) qui l’a fondée en 1921. En Italie, outre Rome, elle compte aujourd’hui quatre autres sièges à Milan, Brescia, Piacenza-Cremona et Campobasso pour un total de 14 facultés et de 42’000 étudiants. Pour l’inauguration de l’année universitaire, en présence du pape, les cours de l’Université ont été suspendus le 24 novembre dans l’après-midi et toute la journée du 25 novembre, permettant ainsi aux enseignants comme aux étudiants de rejoindre Rome. (apic/imedia/ami)



